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Genres et Sexualités

Violences sexuelles

Accusation de viol : Solveig Halloin témoigne contre son violeur présumé, Philippe Caubère

Dans une vidéo du Huffington Post, Solveig Halloin décrit en détail les rencontres successives avec Phillipe Caubère, au cours desquelles il tissera sa toile avant de passer à l'acte dans un hôtel de Béziers. Aidée par le mouvement #Metoo, Solveig Halloin porte aujourd'hui plainte contre le comédien.

Crédits photo : AFP

En 2010, Solveig Halloin, actrice et metteuse en scène, a rencontré celui qu’elle considérait comme son mentor, comme son père spirituel dans le théâtre et dans la mise en scène, Philippe Caubère. Loin de l’échange professionnel voulu par la dramaturge, c’est une véritable relation de domination qui va s’enclencher. Des SMS à caractère sexuel insistants dès la première rencontre qui se voulait simplement professionnelle ont rempli le téléphone de la metteuse en scène.

Après un repas pris entre Solveig et Philippe, il l’invite à monter dans son appartement parisien. Dans une pièce qu’il décrit lui même comme son « baisodrome », il va demander à Solveig de se déshabiller et va lui écarter les cuisses puis se morfondre sur son impuissance. Cette nuit là, Solveig va subir une salve de questions avant de rentrer chez elle sidérée.

La relation de dépendance affective mise en place par le violeur présumé s’étendra jusqu’au moment où il lui demandera de le rejoindre dans sa chambre d’hôtel de Béziers prise pour une représentation dans la ville. "Il me demande immédiatement de me déshabiller, ce que je ne fais pas. (...) Philippe Caubère me déshabille donc. Il est en érection. Il commence à me frapper, à m’étrangler, et à me frapper à nouveau. (...) Malgré mes efforts, je n’ai plus de souvenirs de la suite des événements, puis que je me retrouve dans un parc, et enfin dans un train." se souvient Solveig.

L’ascendant professionnel et émotionnel instauré par le violeur présumé, Phillipe Caubère, de par la position et la réputation dans le milieu théâtral dont il jouit a permis à celui-ci d’asseoir une domination sur la jeune femme passionnée par le dramaturge et curieuse du processus créatif du metteur en scène, qu’il décrira finalement par le visionnage de plusieurs pornos puis une session d’écriture sur les coups de quatre heures du matin.

Dans cette affaire, plus de place est laissée à la carrière de Caubère qu’à la victime présumée. Ce dernier se prétend « terrorisé » car il assure qu’on le penserait immédiatement coupable en raison de son positionnement sur la loi pénalisant les clients des prostituées. Au delà de mélanger tous les plans, Caubère devrait passer devant le parquet de Paris qui a pris en charge l’affaire. Il a reçu des soutiens de l’ensemble de son équipe théâtrale soucieuse de ne pas faire trop de secousses qui pourraient entacher la fréquentation de leur nouvelle pièce. Ce qui est significatif une fois de plus de l’importance accordé à la parole de celles qui dénoncent et osent parler contre les violences machistes.

Dans la foulée du mouvement Metoo et de la libération massive de la parole des femmes qui ont été victimes de violences et/ou de harcèlements sexuels et moraux, Solveig Halloin a pu, 8 ans plus tard et après et un effort de reconstruction porter plainte contre celui qu’on ne peut définir qu’agresseur présumé. Cette affaire montre bien la connivence présente dans les milieux artistiques prétendument progressiste et de gauche, Caubère parlant de son « ouverture » sur la sexualité et le porno, cachant son pendant réactionnaire avec un vernis qui se craquelle aisément.