Culture et Sport

Près de 4 ans après, la vidéo enfin visionnée ...

Casti. Les caméras de vidéosurveillance contredisent la version policière

Publié le 31 août 2016

Éborgné par un tir de flash-ball le 21 septembre 2012 en marge du match Montpellier / Saint Étienne, Florent Castineira, dit "Casti", a depuis mené un véritable combat juridique. Alors que le policier responsable du tir de flash-ball a plaidé la légitime défense, les images - enfin - visionnées révèlent que la « bavure » a été commise avant une bagarre, contrairement à la version policière.

Karel Venuvitch

Le 21 septembre 2012, alors que le jeune supporter montpelliérain attend le début du match de football Montpellier / Saint Étienne au stade de la Mosson, installé au stand de frites avec ses amis, la BAC fait irruption dans la foule, poursuivant une personne. Tout à coup, un tir de flash-ball, puis un deuxième. Celui qui coûtera un œil à Casti. L’imbroglio aura duré près de 4 ans, et entre temps le policier responsable du tir de flash-ball a été blanchi par la justice, en 2013.

En premier lieu, les forces de l’ordre ont prétexté un affrontement entre supporters de Saint Etienne et Montpellier pour justifier le tir. Une version qui n’a pas tenu bien longtemps, puisque les fans des verts se trouvaient, au moment des faits, déjà dans le stade. La version officielle s’en est donc tenue à une intervention pour bagarre, qualifiant ainsi le tir de flash-ball de légitime défense de la part de l’agent de la BAC. Une version des faits immédiatement contestée par Casti et ses amis, déclarant que c’est l’incident qui a mis le feu aux poudres ... confirmée, à l’époque, par un témoignage sur Médiaterranée : "Ils n’ont pas pris de coups, ils ont reçu une pluie de projectiles. Il y en a bien un qui a dû toucher un agent ou deux de la BAC, mais tout cela, c’était après le tir de Flash-Ball : c’est le tir de Flash-Ball qui a déclenché les échauffourées, pas l’inverse." Une immense émotion avait alors ébranlé le monde des tribunes, partout en Europe. De nombreuses banderoles ont fleuri pour réclamer "Justice pour Casti" et une manifestation avait été organisée en 2012 à Montpellier, regroupant 1500 supporters ultras des quatre coins du continent.
Durant ces 4 ans, de nombreuses rumeurs ont déferlé. Certains témoins de la scène, dont les commerçants, auraient été sujets à des menaces de la part des agents de police. Le dossier médical de Casti, prouvant qu’il avait perdu son œil à cause du tir de flash-ball (une version d’abord démentie par la police) a quant à lui bel et bien été réquisitionné par la police, ce qui est totalement illégal. De plus, durant de longs mois, les bandes de vidéosurveillance aux abords du stade ont été jugées soit inexploitables (sans qu’elles aient été visionnées...), soit introuvables. Celles-là mêmes qui ont enfin été visionnées ce 30 août.

Après les témoignages, les images : la version policière est un tissu de mensonges !

C’est en présence de la juge, du greffier, de son avocat et de son agresseur que Casti a finalement, près de 4 ans après la bavure, pu visionner les images de vidéosurveillance. Sur son mur Facebook, le jeune supporter montpelliérain commente : " Comme convenu, les images montrent la vérité, certes en partie cachée par des arbres mais on y voit les polciers qui chargent matraques en main, 1 à 2 min après, on me voit sortir, porté par les amis et déposé prêt à être évacué, aucun mouvement de foule avant le tir et ce n’est qu’une vingtaine de minutes après, une fois évacué par les pompiers, que des échauffourées éclatent, avec jets d’une chaise et d’un fumigène, la chronologie des faits nous donne donc raison.. " Après le visionnage, le policier aurait alors, toujours selon le post de Casti, déclaré « Je suis policier, je suis assermenté, je n’ai jamais menti, j’aimerais en finir aujourd’hui avec cette histoire, je ne suis pas responsable des blessures de M. Castineira et j’aimerais qu’il dise la vérité ». Alors que, depuis 4 ans, ce policier avance la thèse de la légitime défense, voici maintenant qu’il nie les faits. Cela même alors qu’il a, depuis bien longtemps, été prouvé que cet officier était le seul a avoir fait usage de flash-ball ce 21 septembre 2012.

"Vérité pour Casti", telle était l’exigence de la Butte Paillade, groupe de supporters dont Casti est membre, affichée à grand renfort de banderoles, durant les 4 dernières années. Nul doute que le matraquage médiatique autour des supporters de football dit Ultras - souvent amalgamés aux hooligans - n’aura pas rendu la tâche facile pour Casti. Quatre ans durant, la justice a refusé de visionner des images dont il était certain qu’elles remettraient en cause la version policière. Reste à savoir si ces nouveaux éléments accablants vont remettre en cause le jugement de 2013, qui avait totalement couvert la bavure policière, et le combat n’est pas fini. Pour l’heure, la vérité a bel et bien éclaté au grand jour.