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Genres et Sexualités

Russie

La police tchétchène demande aux parents de tuer leurs enfants homosexuels

Depuis plusieurs semaines, plusieurs associations alertent sur le génocide homophobe qui a lieu actuellement en Tchétchénie. Ces derniers jours, de nouveaux témoignages ont fait surface : on y apprend notamment que des policiers demandent aux familles de personnes homosexuelles de les tuer.

« Soit vous le faites [le tuer], soit nous le faisons » : voilà les menaces faites par les policiers aux familles des personnes homosexuelles en Tchétchénie. C’est ce qui ressort du témoignage d’un rescapé qui explique que la police aurait demandé à la famille d’un homosexuel de le tuer après que celle-ci l’ait torturé pendant deux semaines. La famille se serait alors exécutée selon le témoin qui déclare : « Ils l’ont pris et l’ont tué dans la forêt. Ils l’ont enterré là. Il n’a même pas eu le droit à des funérailles ».

Le harcèlement des minorités de genre a toujours existé en Tchétchénie mais depuis quelques temps, la région a sombré dans la barbarie. Camps de concentration, assassinats, torture : malgré la rétention des informations, de nombreux témoignages viennent faire état du traitement atroce qui leur est réservé. Selon les médias locaux, six prisons pour homosexuels auraient déjà été découvertes, et ce n’est sûrement que le début. C’est un véritable génocide homophobe qui est en cours, organisé directement par le pouvoir tchétchène, qui annonce son intention d’éradiquer de la région, d’ici le Ramadan du 26 mai, toute personne pratiquant des "relations sexuelles non traditionnelles".

Le gouvernement russe, lui, fait comme s’il n’avait rien vu et déclare enquêter sur la situation et attendre des preuves. Rien d’étonnant. Depuis plusieurs décennies, Kadyrov, le président de la République tchétchène, est un proche de Poutine qui l’a nommé au pouvoir en 2007. Ses méthodes barbares (enlèvement, torture, assassinat) ont largement été utiles au pouvoir russe pour écraser la rébellion tchétchène durant la guerre. De plus, Poutine défend lui-même une politique homophobe dans l’ensemble de la Russie et a, par exemple, fait interdire récemment des manifestations et emprisonné des militants LGBT qui dénonçaient l’actuelle situation en Tchétchénie.

Pour l’instant, la réaction de la « communauté internationale » est largement timorée, pour ne pas dire complice, à l’image de la déclaration de Merkel : "J’ai aussi parlé de ce rapport très négatif sur ce qui arrive aux homosexuels en Tchétchénie et j’ai demandé au président qu’il use de son influence pour que les droits des minorités soient préservés". Une drôle de manière de parler du génocide homophobe en cours, dont les preuves s’accumulent et dont la contestation est réprimée par Poutine.

Il n’y a rien à attendre de la classe politique dominante internationale, trop soucieuse de préserver ses relations avec Poutine et souvent peu encline à dénoncer l’homophobie. Face à ce qui est le pire massacre homophobe depuis la seconde guerre mondiale, nous exprimons notre complète solidarité. aux victimes.




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