^

Monde

« Le réchauffement climatique est un complot marxiste » : la propagande anti-communiste du nouveau gouvernement de Bolsonaro

Ernesto Araujo, nouveau Ministre des Affaires Etrangères, notamment connu pour ses propos pendant la campagne électorale, qualifiant le Parti des Travailleurs de « terroriste », et pour son complotisme anti-marxiste primaire en ce qui concerne l'écologie : il déclarait le mois dernier dans un article sur son blog que le réchauffement climatique serait un complot orchestré par les « marxistes culturels »

Le nouveau président brésilien Jail Bolsonaro, tristement célèbre pour sa nostalgie de la dictature militaire, ses propos ouvertement racistes, sexistes et homophobes, et surtout pour ce qu’il dévoile du pourrissement de ce monde et de la percée de l’extrême-droite qui en résulte, vient de présenter les têtes d’affiche qui composeront son gouvernement. Parmi eux, Ernesto Araujo, nouveau Ministre des Affaires Etrangères, notamment connu pour ses propos pendant la campagne électorale, qualifiant le Parti des Travailleurs de « terroriste », et pour son complotisme anti-marxiste primaire en ce qui concerne l’écologie : il déclarait le mois dernier dans un article sur son blog que le réchauffement climatique serait un complot orchestré par les « marxistes culturels ». A l’aune de la croisée des chemins pour l’humanité que représente la situation écologique actuelle, retour sur ce que signifie cette propagande anti-communiste dans le monde de Bolsonaro, Trump, Orban et Salvini.

Tout d’abord le profil d’Ernesto Araujo et ce qu’il nous dit du gouvernement brésilien d’extrême-droite brésilien : diplomate de carrière, cet ancien directeur du département chargé des relations avec les Etat-Unis peut-être défini comme un sbire de l’impérialisme américain au Brésil. Chantre du conservatisme évangélique, dans un article publié en 2017 il fait l’éloge du discours raciste et anti-ouvrier de Donald Trump. Sur son blog il affirme également que le réchauffement climatique est un complot ourdi par les « marxistes culturels », de même que la « criminalisation » de la viande rouge, du pétrle, et de l’hétéro-sexualité. En réalité ce négationnisme doublé d’un complotisme effarant n’est là que pour justifier un programme ultra-libéral de privatisation des sociétés nationales comme Petrobras au profit des multinationales américaines, d’oppression contre la communauté LGBTI, et d’exploitation sans limite des ressources naturelles du pays au mépris des impératifs écologiques.
Ainsi pour les élites brésiliennes, peu importe l’urgence climatique, il faut produire et vendre toujours plus de pétrole pour satisfaire les plans délirants de quelques grands groupes industriels nécessaires au système capitaliste. De même qu’il leur faut raser la forêt d’Amazonie pour en faire des pâturages et des mines afin de répondre aux appétits exorbitants des grands patrons exportateurs de viandes bovines et de métaux précieux. Le programme est clair : faire des profits quitte à anéantir l’humanité.

Ce que révèle également ce jargon complotiste tout droit ressuscité de la guerre froide dans la bouche d’un ministre issu d’un gouvernement proto-fasciste, c’est la crainte de la bourgeoisie de voir le mouvement ouvrier et les classes populaires se mettre en mouvement contre ces projets réactionnaires qui émergent un peu partout dans le monde. Que ce soit aux Etats-Unis de Trump où le regain des idées socialistes inquiètent au plus au point la sphère politique, mais aussi dans l’Italie de Salvini ou la Hongrie d’Orban, des régimes tout deux autoritaires et ouvertement xénophobes, ou encore en Chine où des étudiants marxistes ont récemment été jetés en prison au nom de leurs convictions politiques, le spectre du communisme hante toujours la mauvaise conscience des classes dominantes !
Alors que l’administration Trump va jusqu’à admettre dans un rapport récent qu’il y a bien un réchauffement climatique... pour dire qu’il est déjà trop tard et qu’il ne servirait plus à rien de lutter contre en conséquence... les classes dominantes ont elles-mêmes l’intuition que seul le mouvement révolutionnaires des travailleurs et du peuple saura renverser leurs desseins monstrueux, et construire sur ses ruines une société émancipée de l’exploitation, des oppressions, en harmonie avec la nature.

Photo : Pauline Askin/REUTERS




Mots-clés

Jair Bolsonaro   /    Présidentielle 2018 au Brésil   /    Ecologie   /    Brésil   /    Monde