Culture et Sport

TRIBUNE LIBRE

Maïakovski, la poésie et la révolution

Publié le 29 mars 2016

Vladimir Slonska, le 26 mars 2016

Les Vers et proses de Maïakovski sont à nouveau édités depuis 2014. Choisis, traduits, commentés par Elsa Triolet, les poèmes sont accompagnés d’autres textes importants de Maïakovski : une pièce de théâtre, un essai sur la poésie et son autobiographie, « Moi-même ». Un événement pour qui aime les « dépôts de mots », les formidables vers de ce « fils des grands arbres et de la beauté du Caucase ».


Hommage © Vladimir Slonska-Malvaud
« Il nous fallait un nouveau tremblement de terre, et ce tremblement de terre était Maïakovski. » Le fracas provoqué par l’irruption du grand poète futuriste sur la scène politique et littéraire russe est bien connu. Ouvrant le recueil, les souvenirs d’Elsa Triolet (1896-1970) en donnent néanmoins la mesure, et en cela, ils sont précieux. Les dernières éditions des Vers et proses, publié pour la première fois en France en 1957 par les Éditeurs français réunis, dataient de plusieurs décennies. Son retour est donc un événement pour qui aime les « dépôts de mots », les formidables vers de ce « fils des grands arbres et de la beauté du Caucase ».


Couverture du livre Vladimir Maïakovski, Vers et proses. Choisis, traduits, commentés par Elsa Triolet, précédés des souvenirs sur Maïakovski d’Elsa Triolet, Le Temps des Cerises, Paris, 2014, 485 pages, 22 euros.
Choisis, traduits, commentés par Elsa Triolet, les poèmes sont accompagnés d’autres textes importants de Maïakovski : une pièce de théâtre, un essai sur la poésie et son autobiographie, « Moi-même ». Le travail de traduction d’Elsa Triolet est remarquable. Amie d’adolescence du poète, sœur de Lili Brik – compagne de Maïakovski jusqu’en 1924 – et écrivaine, elle sacrifie les rimes, mais préserve la poétique, recompose les vers, restitue toute leur force politique. De grands textes populaires, connus par les ouvriers et faits pour être brandis comme des étendards. De l’amour, de la réclame, des vers d’agitation, un combat « contre l’esthétisme et la psychologie à la noix par l’art ». « Ses vers manquent aux premières pages des journaux », écrit Elsa Triolet. C’est le moins que l’on puisse dire.
 
« Écoutez !
Puisqu’on allume les étoiles,
c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ? »

Référence bibliographique
Vladimir Maïakovski, Vers et proses. Choisis, traduits, commentés par Elsa Triolet, précédés des souvenirs sur Maïakovski d’Elsa Triolet, Le Temps des Cerises, Paris, 2014, 485 pages, 22 euros.

"Reproduit avec l’autorisation de l’auteur. Source : blog Mediapart l’Affiche"

https://blogs.mediapart.fr/vladimir-slonska/blog/270316/maiakovski-la-poesie-et-la-revolution