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Culture et Sport

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Ouverture du mondial de foot 2018 : un ballon et beaucoup d’argent

Ce jeudi, la coupe du Monde de football a débuté. Les matchs de foot vont se succéder : du plaisir en perspective pour les passionnés, mais beaucoup de fric aussi pour pas mal de gens pour lesquels le ballon rond est surtout l'occasion de faire du bénéfice. Et comme l'argent est le passeport absolu, c'est en Russie que se déroulent les hostilités.

Crédits photo : REUTERS/Damir Sagolj

Ça y est, c’est parti. Le mondial de football s’est ouvert ce jeudi, avec la victoire par 5 buts à 0 de la Russie, pays hôte de la compétition, face à l’Arabie Saoudite. On peut commenter à l’envi les joies que peut receler un match de foot : la stratégie, la technique, la beauté d’un match. Mais il est difficile d’ignorer combien ce sport est empoisonné par l’argent.

Car tout le monde ne regarde pas le foot de la même manière : si certains voient les joueurs et le jeu, d’autres les voient davantage comme des hommes-sandwich d’un nouveau genre, de simples supports publicitaires. Ces sponsors qui comptent sur la notoriété des joueurs pour faire valoir leurs produits et dont certains peuvent forcer des joueurs malades à faire les matchs contre l’avis des médecins.

Comme à chaque grande occasion, les diffuseurs ont piqué comme des rapaces sur le Mondial 2018 en espérant de gros profits de la diffusion des matchs : celle-ci pourra générer près de 2,5 milliards de dollars d’investissements publicitaires, pour une visibilité auprès d’un marché de plus de 3 milliards de téléspectateurs. Au-delà de la diffusion planétaire, tout un marché se greffe sur « l’ambiance Mondial » avec les produits dérivés, les maillots, les jouets. Rien à voir avec le plaisir du jeu ou la beauté du sport : ces gens-là voient des tirelires courir derrière un ballon et des porte-monnaies devant des écrans.

A cela s’ajoute la dimension symbolique ou diplomatique : la Russie compte sur le Mondial pour redorer un blason politique bien terne, entre verticalité d’un pouvoir qui désormais confine à la dictature et répression de toutes les formes d’opposition, soutien au dictateur Syrien ou encore racisme et homophobie tolérés par l’Etat. Il ne faut pas s’y tromper, si les divers gouvernements acceptent de venir en Russie en fonction des résultats de leur équipe nationale, ce n’est certainement pas pour la beauté du sport mais soit parce qu’ils attendent une retombée symbolique en cas de victoire, soit parce que les enjeux financiers sont déterminants.




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