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Genres et Sexualités

Sexisme

Quand Gilbert Collard renvoyait une fois de plus les femmes au foyer

Mercredi 10 mars, Gilbert Collard, député apparenté Front national et proche de la famille Le Pen, a commenté le retrait provisoire de Marion Maréchal Le Pen de la vie politique en affirmant qu'elle ne pouvait continuer à être mère et dans la vie politique. En répondant à la question du journaliste de France Info qui lui demandait si cela était incompatible, il affirme que « cela dépend de l'intensité de l'amour que l'on porte à ses enfants ». Il signe là une belle illustration de l'idéologie réactionnaire et bourgeoise du Front national.

En commentant le départ de Marion Maréchal Le Pen de la vie politique, Gilbert Collard, avocat et député apparenté Front national, s’est une nouvelle fois fendu d’un commentaire nauséabond. Il est réactif, Gilbert. Il y a deux semaines, il ne lui a pas fallut plus de quelques heures après êtredescendu d’un bateau de pêche pour proposer de donner les poissons morts et impropres à la vente aux pauvres. En 2015, alors que la « crise des migrants » faisait la Une des médias, cet âme charitable s’était indignée des 2,4 milliards d’euros versés par l’Union Européenne. Non parce que cette somme, en plus de ne pas être à la hauteur des besoins élémentaires des personnes déplacées, s’inscrivait dans une politique ultra-répressive de fermeture des frontières. Mais parce que ce sont des étrangers, des basanés, ce ne sont pas « nos pauvres paysans. » A la lumière du paternalisme et du racisme de l’avocat frontiste, on comprend mieux la politique sociale de l’extrême droite : rien pour les étrangers, du poisson pourri pour les autres.

Des idées féodales, le fidèle compagnon de route des châtelains de Montretout n’en manque pas. Mercredi 10 mai, il s’est ainsi laissé aller à propos du retrait de sa collègue à l’Assemblée nationale, Marion Maréchal Le Pen, de la vie politique. Selon lui, ce départ est du à l’impossibilité pour une femme d’être à la fois mère et responsable politique. Du moins, « cela dépend de l’intensité de l’amour qu’on a pour ses enfants. » En plus d’entretenir une division des rôles sexuels toute réactionnaire, selon laquelle une femme a vocation à être mère et à rester au foyer, il fait peser la culpabilité sur les femmes actives en leur confisquant la possibilité d’aimer leurs enfants. Ces déclarations ont été dénoncées comme sexistes par de nombreux internautes sur les réseaux sociaux.

Si le FN n’hésite pas à invoquer la défense des droits des femmes pour stigmatiser l’islam et les musulmans, il en a une vision bien particulière. En février, dans un article sur la place des questions de genre dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle, nous évoquions la politique frontiste à ce sujet : opposition à l’égalité salariale, promotion de la femme au foyer, contre la lutte contre le harcèlement sexuel. En revanche, le parti des Le Pen est très enthousiaste sur la possibilité d’interdire le voile à l’université et dans l’espace public. C’est même, d’après Marine Le Pen, très urgent : « si nous perdons, le voile sera imposée à toutes les femmes, la charia remplacera notre Constitution, la barbarie s’installera. »

La réduction de la femme au rôle de mère au foyer et la fausse défense – mais réellement raciste et sexiste – des droits des femmes ne sont pas le monopole de l’extrême droite. En août dernier, en pleine « affaire du burkini », le premier ministre Manuel Valls avait déclaré que la figure de Marianne était celle d’une femme libre, « parce qu’elle a le sein nu et qu’elle nourrit le peuple », par opposition aux femmes voilées forcément soumises et incompatibles avec la République. Quand le féminisme des classes dominantes n’est pas islamophobe, il se dissout dans le mépris de classe contre les femmes travailleuses. Ainsi Macron, à peine nommé ministre de l’Economie en 2014, traitant les salariées de Gad d’illettrées.




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