Genres et Sexualités

Jeux Olympiques

Rio 2016. Médaille d’or de la lesbophobie

Publié le 12 août 2016

« C’est son mari. Elle a épousé Lili en 2013 et Larissa célèbre sa victoire avec ses amis ». Voilà les mots énoncés par le commentateur de la NBC Chris Marlowe, lorsque Larissa França, remplie d’émotion après sa victoire face au tandem américain de Beach Volley, s’est précipitée dans les bras de sa femme. Ceux-ci n’ont pas été sans susciter une immense vague de colère sur la toile.

Xavier Dolan 2

En effet, il est évident qu’il ne s’agit pas là d’une simple erreur. Ces mots furent prononcés quelques secondes après que França et sa binôme Talita Rocha l’emportent face à leurs adversaires américaines Lenren Fendrick et Brooke Sweat. La tenue de ces propos ouvertement lesbophobes a donc participé pleinement à refroidir l’ambiance. Il s’agit ici de nier, purement et simplement, le genre d’une des deux partenaires, ainsi que sa sexualité, afin de pouvoir finalement faire correspondre le couple au schéma hétéronormatif. Les minces excuses du commentateur, faite sous la pression de la multitude de réactions d’effroi et de dégout sur le web, prouvent d’ailleurs qu’il savait très bien que Liliane Maestrini, qu’il a lui-même appelé Lili, n’est pas « l’époux » de sa femme : « Je suis désolé pour l’erreur d’aujourd’hui. Clairement, Liliane est l’épouse de Larissa ». Clairement.

Marlowe rentre donc lui aussi en compétition, dans la catégorie des abominations prononcées par les commentateurs NBC de ces Jeux Olympiques. En ce sens, il est coude à coude avec l’animateur Al Trautwing, qui fut vivement critiqué pour avoir dit que les parents adoptifs de la gymnaste américaine Simone Biles n’étaient « pas ses parents ». Et il flirte avec les propos sexistes de Dan Hicks, mettant en avant le compagnon de l’athlète plutôt que l’athlète elle-même. En l’occurrence, la victime est la nageuse hongroise Katinka Hosszu ayant remporté trois médailles d’or. « Voilà à qui revient le mérite de sa performance » s’était exclamé le commentateur lorsque la caméra se posait sur son mari qui est également son entraineur.