Genres et Sexualités

« À bas, à bas, le capitalisme et le patriarcat ! 

Toulouse. Des centaines de femmes marchent contre les violences machistes !

Publié le 26 novembre 2016

Correspondantes

Les rues de la ville rose ont été prises d’assaut par plusieurs centaines de personnes pour lutter contre les violences sexistes et le patriarcat. Cette marche non mixte de nuit était appelée dans le cadre de la journée contre les violences faites aux femmes.

Parce qu’une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son mari, compagnon ou son ex, que Jacqueline Sauvage ne sortira pas de prison, que des centaines de viols sont commis chaque jour, que le sexisme fait partie du quotidien de toutes les femmes...

À 19h, de nombreuses personnes se sont retrouvées au monument au mort, à François Verdier, où ont eu lieu des prises de paroles. Environ une heure plus tard, la manifestation est partie, accompagnée d’un dispositif policier qui prenait de l’ampleur au fur et à mesure que la marche avançait. Le cortège était très dynamiques, animé par la Banda Violette et par des slogans tels que « Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous ! », « Nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère ! » ou encore « A bas, à bas, le capitalisme et le patriarcat ! ». La manifestation a fait deux arrêts avant de s’arrêter à Jean Jaurès, fin du parcours. Le premier, à St Aubin, a été l’occasion d’une autre prise de paroles. Au cours du deuxième arrêt, quelques centaines de mètres plus loin, des femmes ont improvisé un rap au mégaphone pour dénoncer le sexisme au quotidien et le système patriarcal.

Le cortège est resté bruyant et animé jusqu’à la fin du parcours, ponctué à certains moments par le slogan « Les féministes détestent la police ! ». Arrivées à Jean Jaurès, vers 21h30, les dernières prises de paroles ont eu lieu, tandis que les policiers faisaient les premières sommations à celles qui avaient envie de poursuivre le parcours jusqu’à la place du capitole, où se tenait simultanément le marché de Noël. Ils ont tenté d’interpeller une manifestante qui passait près d’eux, de nombreuses femmes se sont alors précipitées et ils ont dû la relâcher. Mais nous apprenons aujourd’hui que deux interpellations ont eu lieu en marge de cette même manifestation, probablement à l’abri des regards du gros du cortège...

Un relent amer en ce lendemain de manifestation, quand on apprend que deux d’entre nous ont passé la nuit au commissariat, alors que pendant quelques heures nous nous sommes senties fortes et fières, presque invincibles. Le traitement médiatique de la marche est tout aussi insultant ! Aucune mention n’est faite de l’énergie qui s’est dégagée du cortège, des passants qui nous applaudissaient et nous souriaient... Les manifestantes sont présentées comme des hystériques qui ont effrayé les badauds, abîmé des voitures et… jeté des tampons usagers sur les policiers. Les violences faites aux femmes ne se sont pas arrêtées, même le temps d’une nuit, et nous rappellent à quel point il est nécessaire d’intensifier la lutte pour notre émancipation, contre ce système hétéro-patriarcal !