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Culture et Sport

Le monde du travail zombifié

« Zombillénium » : The Working Dead

Après plusieurs propositions d’adaptation cinéma de sa série BD Zombillénium de la part de producteurs, dont des producteurs américains qui voulaient transférer Zombillénium du Nord de la France à Detroit, Arthur De Pins décide de réaliser cette adaptation lui-même en s’associant à Alexis Ducord, storyboarder qui a travaillé sur de nombreux programmes télévisés jeunesse. Source

Zombillénium raconte l’histoire d’un parc d’attraction du même nom peuplé de vrais monstres. Le long-métrage Zombillénium conserve la plupart des personnages de la série BD et se base surtout sur la trame du premier tome. Cependant, Arthur De Pins précise lors d’une interview pour Le Figaro : « Si on devait donner une chronologie, l’histoire se déroule un peu avant le premier tome. ».

Le protagoniste de la BD, Aurélien, un braqueur de bar-tabac qui se retrouve accidentellement « zombifié » et devient une nouvelle recrue du parc d’attraction, est remplacé par Hector, un contrôleur des normes de sécurité qui connaîtra le même sort. Alexis Ducord, coréalisateur, parle de ces différences entre la bande-dessinée et le film dans une interview pour Le Journal du Geek : « L’idée ce n’est pas tant de faire deux univers différents, mais d’étendre l’univers existant avec des personnages en plus à différents moments du parc. ».

Le film combine divertissement et satire du monde du travail avec un humour absurde (mais toujours extrêmement bien dosé), une bande originale rock’n’roll, ainsi que des références à la culture populaire, ce qui permet des lectures multiples rendant le film plaisant et accessible à un vaste public. Si le film a conservé l’humour à dimension sociale de la série BD, il développe également un nouveau genre d’humour plutôt basé sur le ridicule, notamment avec une parodie autour du monde de la publicité, du marketing (De Pins a beaucoup travaillé dans la publicité) et de la tendance des vampires, et plus particulièrement de la saga Twilight avec le vampire play-boy Steven qui rappelle étrangement Edward Cullen (il brille lui aussi au soleil).

Zombillénium fonctionne comme une sorte de miroir déformant de la société où le syndicat des zombies se nomme The Working Dead (référence à la série The Walking Dead), le grand patron du parc n’est autre que Lucifer et le directeur du parc, Francis, un vampire qui parait de prime abord froid et autoritaire est en fait un peu un dirigeant « à l’ancienne », prêt à tout pour sauver ses employés. Mais les plus monstrueux ne sont pas forcément les monstres, ce sont, souvent, les investisseurs et les représentants de l’institution scolaire. Le choix de faire basculer Hector du côté de l’ordre et du contrôle social à celui des « monstres » n’est pas anodin, c’est une sorte de rappel de la nécessité de se placer du point de vue d’autrui et de prendre du recul sur les normes sociales imposées. Le rythme de Zombillénium est parfaitement géré par un scénario dense et énergique qui ne laisse pas de place à une seule minute d’ennui.




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