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Politique

Patrons voyous !

Bouquet final pour Carlos Ghosn. Une démission et 800 000€ de retraite par an !

Ce jeudi 24 janvier prend officiellement fin le long règne de Carlos Ghosn à la tête de la multinationale Renault qu’il dirigeait depuis 2005. Le cost-killer, surnom qui lui été attribué suite à ses vagues de licenciement de masses pour réduire les coûts, n’aura finalement pas réussi à sortir indemne de ses nombreuses escroqueries.

Photo : © AP Photo / Thibault Camus

Après avoir passé près de 10 ans à détourner des millions d’euros en ne déclarant qu’une partie de ses nombreux revenus, faisant travailler dans des conditions déplorables les salariés et en continuant à licencier des milliers d’entre eux, il se voit désormais dans l’obligation de céder la place au milliardaire Vincent Bolloré et à son acolyte, président du groupe Michelin, Jean Dominique Sénard qui dirigeront l’entreprise en tandem.
Reste cependant désormais à poser la question des indemnités que recevra Carlos Ghosn pour son départ bien qu’étant en prison et encourant une peine de 15 ans pour avoir détourné l’équivalent de millions d’euros depuis au moins 2010.

Carlos Ghosn est déjà assuré de toucher son salaire fixe de 2018 soit l’équivalent d’un million d’euro, ainsi qu’une somme encore indéterminée de salaire variable indexé sur la présence dans l’entreprise où il n’a pas été depuis le mois de novembre, à cause de son emprisonnement au Japon. Cependant cette part de salaire variable peut s’élever jusqu’à 100% de son salaire fixe, soit de nouveau un million d’euro dans les poches de l’ancien PDG de Renault.

Mais ce n’est pas tout ce à quoi peut prétendre Carlos Ghosn ; en effet, début mars il fêtera ses 65 ans et pourra donc bénéficier de sa retraite qui sera au minimum de 800 000 euros par ans. Selon Loic Dessaint, membre du cabinet Proxinvest qui conseille les actionnaires de Renault, il ne voit aucun motif qui pousserait le conseil d’administration à lui refuser ses droits de retraites, cette somme s’agrège donc à son million d’euro et à son potentiel autre million.

Mais Carlos Ghosn bénéficiera surement également d’une prime de non-concurrence de la part du conseil d’administration de Renault, pour ne pas qu’il aille offrir ses services et donc divulguer des informations confidentielles à un concurrent, lorsqu’il sortira de prison. Cette prime pourrait s’élever jusqu’à 4 millions d’euros supplémentaires.

Enfin il reste à ajouter la part d’action gratuite qui lui avait été promise, ces actions cumulées atteindraient une somme d’un montant approximatif de 20 millions d’euros. Cependant, l’état français qui est actionnaire majoritaire chez Renault semble être réticent à lui accorder ses parts, en effet, se rendant compte de la situation actuelle et de l’impact que de telles sommes pourraient provoquer au sein du mouvement des gilets jaunes, sa décision est encore inconnue. Le discours médiatique cherchant à montrer les réticences de l’État a pour but d’essayer de feindre que le gouvernement fait des efforts et entend la misère sociale alors que, sans compter les dites primes, Carlos Ghosn pourrait partir avec la somme de 7 millions d’euros.

Toutes ces primes, hormis la retraite, lui seront accordées ou seront rejetées, à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires qui aura lieu en juin.

Carlos Ghosn n’a donc pas fini de faire parler de lui et les suites de son affaire pourraient bien engendrer encore plus de colère au sein des gilets jaunes qui approchent déjà de leur 11ème semaine de mobilisation sans faiblir et avec même une remontée du nombre de personnes en manifestation après un léger affaiblissement durant les fêtes de fin d’année. Les décisions de l’État quant à ses primes, pourraient donc avoir leur importance au sein du mouvement.




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