Politique

Le ridicule ne tue pas

Carlos Tavares, le Zidane du CAC 40 ? Faisons lui manger son ballon !

Publié le 4 mai 2016

En plein scandale quant à la rémunération astronomique de Carlos Ghosn, patron de Renault, c’est au tour de Carlos Tavares, PDG du groupe PSA, d’en rajouter une couche. « Je me considère comme un joueur de football ou comme un pilote de Formule 1 » a-t-il affirmé lors d’une audition à l’Assemblée nationale ce mercredi. En temps de bien relative difficulté, les grands patrons sont toujours prêts à se serrer les coudes quitte à se couvrir de ridicule. En effet, l’augmentation des uns conditionne souvent l’augmentation des autres.

« Par rapport à mes pairs, je suis payé le tiers ou la moitié », a affirmé Carlos Tavares devant l’assemblée nationale pour justifier ses émoluments s’élevant à 14500 euros par jour, samedi-dimanche et jours fériés compris. « Tout cela ce sont des faits qui ne sont pas audibles, et j’en ai pleine conscience, mais c’est la réalité de notre monde », a-t-il précisé, ajoutant que la dimension sociétale de cette question le « dépassait ». « Le fait que nous n’arrivions pas à nous débarrasser de cette question est un problème pour la France, pour sa capacité à s’inscrire dans la dynamique du monde », a-t-il par ailleurs estimé.

Comparativement à Carlos Ghosn, cette affirmation se confirme effectivement. Le PDG de Renault a gagné l’an dernier 7,251 millions d’euros au titre de PDG de Renault, auxquels il faut rajouter près de 8 millions d’euro en qualité de PDG de Nissan, portant sa rémunération totale à plus de 15 millions d’euros. En comparaison, Carlos Tavares, arrivé à la tête de l’entreprise automobile en difficulté début 2014, a reçu 5,24 milliards d’euros au titre de 2015. L’année précédente, ses revenus s’établissaient à 2,75 millions d’euros. Le PDG de PSA a doublé son salaire en 2015 en même temps qu’il massacrait l’emploi et la santé des salariés de PSA avec son plan « back in the race ».

Ce que défend le PDG de PSA en partant à la rescousse de son pendant au sein de Renault, son concurrent, c’est en réalité sa propre augmentation, mais aussi l’augmentation généralisée des salaires du grand patronat français. Alors même que la pauvreté, la misère et surtout le chômage de masse mine l’avenir des salariés et des étudiants, c’est bien le triplement de son salaire que le PDG de PSA compte bien obtenir dans les prochaines années. Pendant que dans le même temps les ouvriers de PSA ont reçu une « augmentation » pour cette année de 8 euros mensuels, les 14 500 euros par jour avaient provoqué une colère terrible des ouvriers de PSA, saignés à blanc par les plans d’austérité patronaux.

Pour atteindre ses objectifs d’augmentation personnelle, Tavares compte bien continuer à massacrer l’emploi avec notamment un nouvel accord de compétitivité, qu’il compte imposer le couteau sous la gorge aux salariés. Tandis que ces derniers se sentent pousser des ailes, la loi Travail compte largement amplifier l’attaque du patronat contre le monde du travail et la jeunesse au nom de ses profits. Face à leur mépris de classe, la meilleure façon de répondre au grand patronat et au gouvernement à son service, c’est bien de leur infliger une première défaite, un premier recul qui en appellera d’autres.