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Notre classe

Nouvel accord d’entreprise

Carrefour signe pour le travail du dimanche

Jusqu’à aujourd’hui, un accord d’entreprise daté de 1999 empêchait Carrefour d’ouvrir ses portes le dimanche. Mais cet acquis des salariés vient d’être perdu par un nouvel accord auto-risant l’entreprise à être ouvert le dimanche matin.

Le travail le dimanche, ou "travail dominical", sera mis en œuvre prochainement dans une tren-taine d’enseignes Carrefour, et ce jusqu’à 13 heures. Avant d’être appliqué dans une enseigne, l’accord devra être approuvé par les équipes locales de l’enseigne, et non pas par le directeur du magasin. Les salariés seront payés le double de l’heure (la législation prévoyant une majoration de 30% minimum), l’ancien accord ne proposant que 70% de majoration.

Cet accord, Michel Enguelz, délégué Force Ouvrière (FO), s’en réjouit : le fait que les équipes locales de Carrefour puissent choisir ou non d’appliquer cet accord signifie pour lui un véri-table "droit de veto". La CGT, remettant toujours en cause l’accord, critique cette posi-tion, remettant justement en cause le « volontariat du personnel qui travaille en CDD, des étu-diants ou des salariés CDI payés 1.200 euros ». En effet, qui peut dire que les salariés de Carre-four, pour beaucoup précaires, payés une misère, ne subiront pas de pressions de la part de leurs directions ? De plus, Michel Engelz semble oublier les positions du nouveau PDG du groupe, Alexandre Bompard, qui avait affirmé être prêt en cas de déficit dans certaines enseignes, à la fermeture pure et simple, et ce sans plan de redressement. C’est face à cette direction, prête à tout pour ne "plus perdre des parts de marché en France", que les salariés devront en réalité trai-ter.

Bien que l’accord semble offrir aux salariés des conditions un peu moins précaires que pour l’ensemble de ceux qui travaillent le dimanche, comme la majoration de 100% des heures effec-tuées le dimanche, il ne faut pas se leurrer sur les réelles intentions de la direction de Carrefour. Cet accord est une porte ouverte vers la généralisation de cette pratique dans l’ensemble des ma-gasins Carrefour, volonté clairement exprimée par son nouveau PDG. De plus, une fois le travail dominical ancré, il n’est pas dit que la direction ne revienne pas en partie sur la majoration de 100% des salaires.

Crédits Photos : (©illustration G-M/Liberté)




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