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Politique

En marche vers le tout sécuritaire

Comme pour les policiers, des semi-automatiques pour les agents RATP

Conçue par l’usine Sunrock, cette nouvelle arme automatique de calibre 9 mm devrait arriver pour cette rentrée scolaire… entre les mains du personnel de sécurité de la RATP.

C’est grâce à la loi Savary, votée en 2016 sous le gouvernement Hollande, que les 1000 agents du Groupe de Protection et de Sécurisation des Réseaux (GPSR) s’occupant de la sécurité sur le réseau RATP vont être désormais équipés de cette arme semi-automatique de 9 mm, d’ores et déjà équipés de bâtons « de défense » et de bombes lacrymogènes.

C’est un total de 1 200 armes et de 805 000 munitions (au prix de 1,7 millions d’euros) qui ont été comandées à l’entreprise Sunrock qui avait répondu à l’appel d’offre de la RATP. Pour obtenir ces armes, chaque agent devra obtenir un port d’arme, délivré par le préfecture de police et devra participer à deux séances de tirs obligatoires par an. Par ailleurs, s’il est précisé que leur emploi est limité, ces armes ne pouvant être utilisées qu’en cas de légitime défense de soi, ou d’autrui, on comprend très bien ce que ce terme signifie en réalité : plus d’impunité pour les forces de l’ordre, qui n’hésitent plus à tirer à vue dans les quartiers.

Cela inscrit la politique sécuritaire de Macron dans la continuité du renforcement de l’appareil sécuritaire de Hollande, qui avait notamment voté en 2016 une loi étendant la notion de légitime défense. « Désormais, selon un article de Libération, policiers et gendarmes pourront « utiliser leur arme après sommations » afin, par exemple, d’arrêter une personne récalcitrante et armée. Le texte liste cinq situations où les forces de l’ordre (ainsi que les douaniers et les militaires de l’opération Sentinelle) pourront utiliser leurs armes : face à la menace de personnes armées ; lorsqu’ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent ; lorsqu’une personne cherche à échapper à leur garde, qu’ils ne peuvent l’arrêter autrement et qu’elle présente une menace ; lorsqu’ils ne peuvent arrêter autrement un véhicule présentant une menace ; et enfin dans le but d’interrompre un « périple meurtrier ».

Ainsi, c’est au nom de la lutte contre le terrorisme que les usagers de la RATP pourront apercevoir ces semi-automatiques dans les équipements des agents de sûreté de la RATP. Dans les détails, il est indiqué par Stéphane Gouaud, directeur de la sûreté à la RATP, que l’intérêt principal de ce nouvel armement est la meilleur capacité de feu, c’est à dire, le plus grand nombre de cartouches tirées face à un ennemi (19 cartouches, au lieu de 5 actuellement.)

Cette annonce est surtout un nouvel écran de fumée de la part du gouvernement pour prétendre à la lutte contre le terrorisme, c’est-à-dire un prétexte de plus pour renforcer l’appareil sécuritaire à travers l’État d’Urgence, la répression, et ainsi instaurer un climat de peur et de paranoïa du « tout sécuritaire » en vue de mener une véritable guerre contre les classes populaires, les travailleurs et la jeunesse, n’hésitant pas à mobiliser des CRS pour déloger les facs et empêcher des manifestations comme au Printemps. Ce climat leur étant bien profitable, bien sûr, en cas de répression du mouvement social, comme Hollande l’avait admis dans ses écrits pour raconter comme l’instauration de l’État d’Urgence avait été précieuse pour faire taire la brûlante contestation lors de la COP21.

Le renforcement de l’appareil sécuritaire continue de monter en puissance, après l’avertissement du Printemps, le gouvernement se prépare assurément à la nouvelle vague conflictuelle qui se dessine à la rentrée : Toujours plus d’armes pour les forces de l’ordre, et de la « sûreté » dans nos rues pour maintenir un ordre établi par la bourgeoisie elle-même, bien sûr.




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