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Genres et Sexualités

Libération immédiate des prisonniers

Egypte : répression contre des dizaines de personnes LGBT suite à un concert au Caire

L'agitation de drapeaux LGBTI lors d'un concert au Caire sert depuis le 22 septembre de prétexte aux autorités égyptiennes pour mener une répression brutale à l'encontre de dizaines de personnes LGBT.

Crédits @ PHOTO REUTERS

Selon Amnesty International, ce sont 33 personnes qui ont été arrêtées en Egypte, au Caire, après avoir brandi le drapeau arc-en-ciel, symbole mondial de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) au concert de Mashrou’ Leila le 22 septembre.

Depuis le 22 septembre, le gouvernement égyptien s’est lancé dans une nouvelle vague de répression à l’encontre de la communauté LGBTI. Une véritable "chasse à l’homme" au prétexte de retrouver celles et ceux qui auraient "agités un ou plusieurs drapeaux LGBTI" à un concert.

Plus précisément, ce sont quelques 31 personnes qui ont été interpellées, dont dix en lien direct avec le concert, quand cinq autres seraient recherchées par la police. De son côté, l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), une ONG locale, estime que le nombre de personnes arrêtées s’élève à 57 entre le 19 septembre et le 2 octobre. Parmi elles, huit ont été condamnées à des peines d’un à six ans d’emprisonnement.

Une chasse engagée par les autorités égyptiennes et encouragée par les médias dominants. Ainsi, dans les médias égyptiens on assiste à une véritable campagne homophobe, les journalistes qualifiant l’homosexualité de « débauche », « perversion », « maladie », ou encore de « déviance ». Si l’homosexualité n’est pas officiellement interdite en Egypte, les homosexuel.les sont parfois arrêtés pour "incitation à la débauche" ou encore "mépris de la religion".

Le groupe, mené par le chanteur libanais Hamed Sinno qui est lui même homosexuel et défend la cause des LGBTI, a publié un communiqué ce lundi "nous avons le coeur brisé de voir que le travail du groupe a été utilisé comme une excuse pour une nouvelle vague de répression de la part du gouvernement égyptien" peut-on lire.

En effet, les autorités égyptiennes répriment, persécutent, régulièrement et brutalement les personnes LGBTI. En 2001, lors de l’affaire dite du "Queen Boat", 52 personnes étaient arrêtées par la police dans un club gay. En avril 2016, ce sont 11 hommes qui étaient condamnés à des peines allant jusqu’ à 12 ans d’emprisonnement pour "incitation à la débauche".

Arrestations arbitraires, peines d’emprisonnement très lourdes, propagande homophobe ainsi que des pratiques menées par les autorités qui s’apparentent à de la torture. En effet, les personnes arrêtées seraient soumises à des "examens anaux" pour "prouver" leur homosexualité. "Le gouvernement est en train d’arrêter des gamins et de violer leur corps" écrit le groupe Mashrou Leila dans son communiqué.

Une répression brutale contre les personnes LGBTI à laquelle il faut répondre par une solidarité internationale qui défend les droits des personnes LGBTI dans les pays du monde entier et exiger la libération immédiate des prisonniers.




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