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Jeunesse

Premier pas encourageant !

Fac de Sciences de Montpellier : 400 personnes en Assemblée Générale

crédit photo : Montpellier Poing Info Après le blocage de la faculté des sciences de Montpellier tôt mardi matin, une Assemblée Générale a été organisée pour informer les étudiants de l’université de Montpellier de la loi ORE et du Plan étudiant et discuter des modalités d’action et de lutte. Réunissant plus de 400 participants et votant à la grande majorité le refus de la sélection, c'est un premier pas encourageant dans cette université qui n'a pas pour habitude de se mobiliser.

L’AG commence dans le calme avec le rappel des modalités de vote et des règles de bienséance pour que celle-ci reste bienveillante. L’assemblée a été introduite par une présentation de la loi ORE et de la sélection qu’elle met en place, suivi par un débat.

La majorité des interventions s’accordaient sur le fait que l’abrogation de la loi est nécessaire bien que certaines voix aient exprimé leur complaisance vis-à-vis de certains articles de celle-ci. Notamment, les Z’élus, une corporation étudiante locale, ne rejettent pas la loi, ce qui n’a pas manqué d’offusquer de nombreux étudiants et personnels. Le débat a tout de même permis de mettre à jour la sélection imposée aux facultés, par le biais des attendus demandés par les départements d’université à la rentrée prochaine, dont bon nombre d’étudiants ignoraient l’existence jusqu’alors. De nombreuses interventions sont revenues sur le manque de moyens accordés aux facultés, conjugué à la hausse inexorable des étudiants et à la baisse des effectifs d’enseignants-chercheurs et de personnels. Se discutait des manières de lutter non seulement contre la sélection, mais aussi pour des moyens à la hauteur des besoins, pour que tous les bacheliers puissent accéder à l’université dans de bonnes conditions.

Le débat s’est ensuite poursuivi avec la présentation de la mobilisation étudiante locale, notamment avec l’occupation active de l’université de Paul Valéry qui dure maintenant depuis environ deux mois, ainsi que la mobilisation de la faculté de droit et de sciences politiques. L’état de la mobilisation nationale, qui s’est renforcée ces dernières semaines, avec de nombreuses facultés occupées et mobilisées à travers tout le pays, a aussi fait l’objet d’une discussion. Beaucoup d’étudiants présents n’étaient pas au courant de l’ampleur du mouvement, compte tenu de ce qui transparait des médias traditionnels. La grande majorité des intervenants s’accordaient pour dire que la convergence avec les autres secteurs mobilisés (cheminots, personnels de santé, enseignants, etc) était nécessaire dans le contexte actuel pour faire reculer le gouvernement sur l’ensemble de ses réformes de casse du service public, à l’image des initiatives qui ont déjà pu être prises localement comme le meeting-concert qui s’est tenu à Paul Valery, ou encore l’action commune avec les cheminots de lundi matin.

Néanmoins, des tensions se sont faites plus claires dans la discussion sur les modalités d’actions, sachant qu’une partie des étudiants présents se sont prononcées contre le blocage de l’université, voulant participer à leurs cours et à leurs examens. De nombreuses interventions ont tenté d’expliquer l’importance de cette modalité d’action qui permet aux étudiants volontaires de se mobiliser sans être pénalisés, sans parvenir pour autant à convaincre la majorité des présents. Les débats se sont un peu échauffés, notamment du fait que le matin même, alors que les étudiants mobilisés installaient le blocage de l’université, une trentaine d’ « anti-bloqueurs » regroupés derrière une banderole étaient en compagnie d’adhérents de la Ligue du Midi, groupuscule d’extrême-droite, et de Génération Identitaire…

Finalement, une ligne commune est sortie très majoritaire de l’assemblée : la revendication de l’abrogation de la loi ORE et de la réforme du bac, le soutien à la grève cheminote, et l’appel à manifester les 1er, 3 et 5 mai.

Cette AG du 24 avril, malgré son ambiance houleuse, a ainsi ouvert le débat sur la loi ORE au sein de la faculté des sciences, où bon nombre d’étudiants ne se sentaient pas concernés jusqu’à présent, faute d’information sur le sujet.

Bien que le blocage ne soit pas reconduit, les prochaines AG pourront de nouveau décider des modalités d’action de la faculté des sciences, et le rejet ultra majoritaire de la sélection est un premier pas encourageant, dans cette université qui n’avait pas connue d’aussi grosse assemblée générale depuis des années.




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