^

Notre classe

Vers une jonction avec les Gilets-Jaunes ?

Face à la « transition écologique » made in Macron, les salariés de l’énergie en grève

En plein mouvement des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron qui a tenté mardi de calmer la colère a réussi à faire entrer dans la danse les salariés de l’énergie. Mercredi soir, les salariés de Flamanville et de Cordemais se sont mis en grève. Il faudrait expliquer à Macron qu’on n’éteint pas un feu avec de l’essence, surtout en cette période.

Crédit photo : Christophe François / France 3 Pays de la Loire

Mardi, Emmanuel Macron a tenté de répondre aux Gilets Jaunes en expliquant qu’il entendait mais qu’il allait garder le cap. Il a annoncé le cap de sa politique pour la transition énergétique, ce qui a provoqué un vent d’inquiétude et de colère dans les rangs des salariés de l’énergie. Lors d’assemblées générales, les salariés de plusieurs sites se sont mis en grève, comme sur le site nucléaire de Flamanville et la centrale à charbon de Cordemais.

Ce jeudi 29 novembre, ils étaient une quarantaine à faire un barrage filtrant aux portes du site de Flamanville. La mobilisation est double, tout d’abord elle fait suite aux déclarations de Macron sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), où il annonce la fermeture de centrales nucléaires et de charbon sans réel plan pour reclasser les salariés mais également contre la politique salariale qui concerne les Industries électriques et gazières.

Richard Cécile, secrétaire général du syndicat CGT du site de Flamanville, s’est exprimé devant les médias pour expliquer ce mouvement. « Nous souhaitons une revalorisation des salaires » mais pas seulement :  « S’y ajoute la contestation née des annonces faites par Emmanuel Macron, qui constituent une attaque contre notre outil de travail, avec la fermeture de Fessenheim et celle de douze réacteurs d’ici 2035. L’écologique Macron décide, après l’augmentation du carburant, la fermeture du nucléaire en faisant croire au peuple qu’on peut remplacer une centrale qui fonctionne 24 heures sur 24 par des éoliennes et du solaire, qui sont des moyens de production d’énergie utiles mais sporadiques ».

Si les salariés de l’énergie ne sont pas en désaccord avec la nécessité d’une transition écologique, ils contestent le fait que celle-ci se fassent sur leur dos, tout en dénonçant l’hypocrisie des transitions écologiques vendues par les différents gouvernements.

Ainsi, comme l’explique la Fédération nationale des mines et de l’énergie CGT dans son dernier communiqué, l’État refuse « de mettre en place un nouveau service public de l’énergie ayant comme principales missions la planification, le financement et la mise en œuvre de la transition énergétique. Faire le choix du service public, c’est mécaniquement supprimer le marché de l’énergie et amputer les acteurs privés de mannes financières extraordinaires sur le dos de la population via la CSPE notamment, cette fameuse taxe qui représente plus de 20% de la facture des usagers sur l’électricité et le gaz ».
Un service public qui devrait être géré par les salariés ainsi que les consommateurs, seul moyen de sauver les emplois et la planète.

La fermeture des centrales à charbon : un arbre pour cacher la foret

Emmanuel Macron, en grand défenseur de l’écologie, a expliqué qu’ils allaient fermer 4 centrales à charbon en France d’ici 2022. Or si l’industrie et l’énergie au charbon est l’une des plus polluante au monde ce n’est pas le cas de la France.
En effet d’après le Figaro, « le taux de la combustion du gaz naturel était par exemple responsable de près de 61% des émissions de CO2 liées aux bâtiments résidentiels, contre 32% pour le fioul et « seulement » 2% pour le charbon ».

A partir de ces chiffres il est aisé de constater, une nouvelle fois, l’enfumage de la transition écologique made in Macron. Les salariés des centrales à charbon vont être les plus touchés par la PPE. De fait, ce jeudi matin, ils étaient une centaine de salariés rassemblés devant la centrale de Cordemais. Ils se sont rendus au siège de RTE ouest, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité haute tension en France, comme l’explique à France3 région Gwenaël Plagne, délégué CGT Cordemais, pour « aller demander une explication à RTE sur le fait qu’ils ont donné l’autorisation, le crédit à l’Etat, de nous fermer ». En effet, RTE dans son bilan prévisionnel publié la semaine dernière a dépassé son rôle en écrivant « être en capacité de se passer de l’unité de production sur Cordemais pour le grand ouest ». Selon Gwenaël Plagne « on estime qu’ils ont outrepassé leur rôle indépendant. Ils auraient dû juste expliquer les marges et non pas donner un calendrier de fermeture. Ils ont surtout écouté Macron puisqu’ils lui permettent de fermer bizarrement juste en 2022, à la date de l’élection présidentielle ».

La grève opérée actuellement par les travailleurs de l’énergie pose la possibilité d’une jonction avec le mouvement des Gilets Jaunes. Une alliance entre le mouvement des Gilets Jaunes et les expériences de grèves qui se déroulent dans certains secteurs, à l’instar des raffineries, qu’il s’agit effectivement de construire pour établir un rapport de force à même de faire reculer le gouvernement qui apparaît aujourd’hui plus que jamais en difficulté.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Grève   /    Notre classe