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Politique

Contre le chômage, partageons le temps de travail !

Hamon. Un revenu « universel » qui ressemble de plus en plus à une mesure d’austérité

Interviewé jeudi par le monde et invité à l'émission politique sur France 2, Benoît Hamon a modifié sa proposition de "revenu universel" qui ressemble de plus en plus au "minimum décent" de Manuel Valls.

« Universel »... mais pas trop

 
Le "revenu universel" apparaissait déjà comme une fausse bonne idée, venu des penseurs néolibéraux et visant à nous faire accepter la précarité à 750 euros. Mais les dernières prises de position du candidat « socialiste » montrent de plus en plus sa véritable nature : une mesure d’austérité s’ attaquant au système de cotisations sociales.

Ce revenu n’a plus rien d’universel puisqu’il s’ applique uniquement aux 18-25 ans et aux travailleurs gagnant jusqu’à 1,9 fois le SMIC. Il abandonne donc l’idée de 750 euros pour tous, mais aussi diminue le montant à 600 euros (soit une augmentation de 10% du RSA) et le rend dégressif pour les travailleurs et travailleuses. Par exemple, un couple au SMIC touchera 386 euros net et un étudiant travaillant un jour sur 5 touchera 500 euros. Une fausse avancée quand on sait que le revenu universel ne se cumulera pas avec les autres aides. Il y a donc bien des risques que ce même couple au SMIC soit perdant : actuellement il a droit a diverses aides (primes pour l’emploi, APL...) qui, cumulées sont souvent supérieures à ces 386 euros. Pareil pour l’étudiant qui se verrai supprimer ses bourses et ses APL. Le revenu universel se transforme donc en une harmonisation des aides sociales pour en diminuer le montant.

Remise en cause du système de retraite

 
Pour Benoît Hamon, la deuxième étape serait une "conférence citoyenne et sociale" où on "peut discuter de l’élargissement des bénéficiaires" et surtout un élargissement aux retraités, ce qui signifie la fin du système de retraite par cotisations et donc l’individualisation de la retraite par des mutuelles privés.

Le revenu universel de Hamon est donc loin d’être une mesure sociale. En s’appuyant sur la situation réelle de précarité et de chômage massifs, elle vise à remettre en cause la logique même de nos acquis sociaux, gagnés de haute lutte par le mouvement ouvrier pour gagner un droit de regard et de contrôle sur le système de retraite. Il ne s’agit donc pas de revendiquer un autre revenu universel « plus social », avec quelques dizaines ou centaines d’euros de plus. Car le chômage et les bas salaires ne sont pas des fatalité : alors que certains d’entre nous crèvent au boulot, et d’autres de ne pas en avoir, il faut baisser le temps de travail, sans baisse de salaire (étant donné les profits énorme des grandes entreprises) ! C’est d’ailleurs ce que défend la candidature de Philippe Poutou. Mais une telle mesure s’ attaque au patronat, et on ne peut donc rien attendre d’Hamon et du PS pour la réaliser. Il faudra compter sur nos forces, sur toutes celles qui il y a un an se sont rencontrées dans la mobilisation contre la loi Travail.




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