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Politique

Centenaire 14-18

L’Elysée ne rendra finalement pas hommage au…Maréchal Pétain

Jusqu’il y a encore quelques jours, le programme national commémoratif de l’armistice de 14-18, incluait une cérémonie en commémoration des grands maréchaux de la Grande Guerre, dont un certain Maréchal Pétain. L’Elysée est depuis revenu sur ce programme, invoquant une erreur logistique…

Le 18 septembre dernier, le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer et la secrétaire d’Etat Geneviève Darrieussecq ont présenté à Clermont-Ferrand le programme national commémoratif, pour célébrer le centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale. L’événement doit se tenir le 11 novembre à Paris, et compter parmi ses participants le président de la République, Angela Merkel, Donald Trump et Vladimir Poutine.

Selon le programme annoncé par les le ministre et la secrétaire d’Etat, et dans le dossier de presse initial l’état-major des armées et le gouverneur militaire avaient organisé une cérémonie d’hommage aux huit maréchaux de la Grande Guerre, dont Pétain, devant se dérouler à l’hôtel national des invalides.

L’Elysée est depuis revenu sur cette décision publiquement dans un article publié par Médiapart le 17 octobre dernier. La présence de la cérémonie s’agirait en réalité d’une erreur, l’Elysée affirmant ne pas comprendre comment « une telle cérémonie s’est retrouvée là ». Dans l’article de Médiapart, l’Elysée a notamment exprimé le souhait de remettre en question le « schéma classique du parcours mémoriel de la Première Guerre mondiale » et de s’interroger sur sa signification. En plus de condamner la présence du maréchal Pétain dans la galerie de l’hôtel national des invalides, le conseillé a fait valoir la volonté de célébrer, à l’occasion de ce centenaire, l’armée du peuple, les Poilus, pour se placer plus proche des français et que « un hommage aux maréchaux ne s’insère pas dans la logique générale de cette période de commémoration ».

Ainsi, plus que le refus de condamner le maréchal Pétain, l’Elysée a exprimé vouloir célébrer le peuple, et non une poignée d’hommes de guerre. C’est ce qu’on peut également lire dans le Figaro, où l’Élysée que « Le sens de cette commémoration, ce n’est pas de célébrer la victoire de 1918, mais plutôt de rendre hommage aux combattants […] qui étaient pour l’essentiel des civils que l’on avait armés. Il s’agit d’aller à la rencontre de nos ancêtres les poilus, de renouer avec des racines que nous risquons de perdre […] et de saluer l’extraordinaire capacité du peuple français, qui ne se dément jamais, à reconstruire et repartir après une guerre ».

Quant à savoir si l’Elysée a vraiment commis une erreur en intégrant à son programme du 11 novembre une cérémonie qui aurait commémoré la mémoire du maréchal Pétain, ne semble pas si simple à assumer pour un gouvernement qui compte essayer de rejouer le second tour des présidentielles avec l’extrême-droite. C’est ce malaise qu’exprime, Florence Parly, ministre de la Défense, a par ailleurs eu du mal à assumer en témoigne son passage télévisé particulièrement délicat chez Bourdin.

Crédits : ANN RONAN PICTURE LIBRARY - AFP




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