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Notre classe

Tous ensemble dans la rue contre les réformes Macron

Le 93 en colère. Grève le 22 mars dans les établissements scolaires

Depuis la rentrée scolaire les raisons de se mobiliser ne manquent pas dans l'éducation nationale. Les attaques du gouvernement Hollande puis de ce gouvernement n'ont fait qu'entériner la casse du service public national de l'éducation.

Des attaques, le ministre de l’Education nationale en prévoit un certain nombre. Outre celles concernant toute la fonction publique (gel du point d’indice, rétablissement du jour de carence, suppression de 120 000 postes d’ici 2020) et celle sur les 150 000 contrats aidés qui sont en cours de suppression, c’est bien un renforcement d’un projet de droite réactionnaire qui attend enseignants et élèves durant tout le quinquennat. La dernière attaque fondamentale en date est Parcoursup et la réforme du bac. Deux faces d’une même pièce, la réforme de l’université et celle du lycée visent à renforcer la sélection sociale déjà bien ancrée.

Dans le même temps, l’éducation est toujours laissée pour compte et manque de moyens. Depuis la rentrée, la coupe est pleine dans l’éducation. On déplore le manque de moyens, les sureffectifs et une dégradation des conditions d’enseignement et d’étude dans l’éducation. Et cela ne cesse de s’empirer. Alors que les personnels des établissements scolaires réclament du personnel vie scolaire, des enseignants, des agents ATTE (Adjoints Techniques Territoriaux des Établissements d’enseignement – employés par les Conseils généraux dans les collèges depuis les lois de décentralisations) ou encore des secrétaires d’intendance ou de direction, les seules réponses sont des mesures austéritaires : suppression des contrats aidés, des CUI, de 120000 fonctionnaires.

Le département de Seine-Saint-Denis est particulièrement touché par la dégradation des conditions de travail. Alors que la croissance démographique progresse , les moyens, eux, sont en baisse, en particulier pour les collèges qui sont déjà passés par la réforme. Lycées, collèges et écoles surchargés et délabrés, baisse constante des moyens et des personnels, la réalité de l’enseignement prioritaire en Seine-Saint-Denis conduit de nombreuses grèves perlées dans le département.
Fin janvier, les collèges et lycées ont reçu les DHG. C’est le nombre d’heures d’enseignement octroyé à l’établissement par l’Inspection Académique (pour les collèges) ou par le Rectorat (pour les lycées). La DHG est donc attribuée à l’établissement, elle n’est pas votée. Cette DHG détermine entre autre le nombre d’élèves par classe et les créations ou suppressions de postes. Les dotations pour la rentrée prochaine ne sont pas suffisantes pour assurer un fonctionnement au moins correct dans les établissements scolaires.

Dans tous les quartiers, dans toutes les régions, un même droit à l’éducation !

Face à ces baisses, la mobilisation s’organise dans le département. L’Assemblée générale inter-établissement 93 a voté une semaine de grève et d’action entre le 19 et le 23 mars.

Ce lundi 19 mars, une centaine d’enseignants ont manifesté et occupé l’école de la Légion d’honneur à Saint-Denis. Le but ? Dénoncer le manque de moyens humain et matériel et la surpopulation dans le département à l’intérieur de ce lieu symbolique des inégalités sociales. L’école « publique » de la Légion d’honneur est réservée aux enfants des membres de l’ordre de la Légion dans un bâtiment historique avec des moyens exceptionnels dans un océan de misère.

D’autres actions locales des établissements les plus mobilisés ponctuent la semaine de mobilisation dans le département. Des écoles ont notamment été bloquées à Aubervilliers par les parents d’élèves qui soutiennent le mouvement.

Le point d’orgue de la semaine de mobilisation est la grève du 22 mars où un cortège éducation auto-organisé défilera dans la manifestation de la Fonction publique qui rejoindra à son arrivée celle des cheminots. Une nouvelle Assemblée générale de l’éducation en fin de journée à la bourse du travail de Paris décidera de la suite de la mobilisation. Elle doit imposer un calendrier radicalement différent de celui des directions syndicales qui voient la journée comme un baroud d’honneur. Or cette journée pourrait bien être celle d’une riposte de monde du travail.

Face à cette attaque globale dans tous les secteurs, la Fonction publique et les enseignants aux côtés des cheminots, peuvent imposer une défaite majeure à ce gouvernement qui donne toujours plus aux riches alors que les enfants des classes populaires sont toujours plus relégués et laissés pour compte. Parce que le gouvernement attaque tous les secteurs de la société, la réponse doit être celle d’une lutte d’ensemble contre la politique du gouvernement Macron et son monde.




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