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Politique

11ème circonscription des yvelines : une leçon de chose

Législatives : Battu aux présidentielles Hamon sauvera-t-il sa peau ?

En 2012, Benoît Hamon, nouveau candidat PS à la députation dans la circonscription de Trappes-Elancourt, dans les Yvelines, avait infligé une défaite cuisante, avec plus de 10 points d’avance, au député UMP sortant, maire d’Elancourt. Après dix ans de mandat, Jean-Michel Fourgous, expulsé de sa position de député, s’était promis de prendre sa revanche contre Hamon dans un duel singulier en 2017. Mais pour l’un et l’autre, la situation risque d’être plus complexe.

crédit photo : @ PHILIPPE LOPEZ / AFP

La claque des présidentielles

Lors des présidentielles, l’histoire n’a pas été plus clémente dans la 11ème circonscription des Yvelines que dans le reste de la France, pour les ténors de l’alternance UMP-LR / PS. Au premier tour des présidentielles, à Trappes, son propre fief, Hamon s’est retrouvé en deuxième position derrière Mélenchon avec seulement 24,2 % des voix contre 32,6 % pour le candidat de la France Insoumise. Fourgous, quant à lui, n’a pu que constater, à Elancourt le très faible score enregistré par Fillon venu, avec 18,8% des voix, en 3ème position derrière Macron (29%) et Mélenchon (20,5%). Il en a d’ailleurs tiré les leçons et se présente aux législatives sous l’étiquette LR-UDI.

Très vite les soutiens ont fait défaut au candidat vaincu du PS. Ils étaient peu nombreux, habitants ou militants, auprès de lui le soir du premier tour. Et la dispersion a été rapide à l’annonce des résultats. Guy Malandain, le maire PS qui est à l’origine de son implantation à Trappes et en a fait un membre de son conseil municipal, s’exprimait ce soir-là en ces termes : Sur l’ensemble de la ville, Hamon est « derrière Mélenchon ». Ne voulant pas « personnaliser le scrutin » il assure que. « C’est le Parti socialiste qu’il faut reconstruire, rénover, comme on l’a fait dans les années 1970 ».

Parmi ceux qui sont venus, certains constatent ouvertement que Mélenchon était effectivement le plus fort et qu’Hamon aurait peut-être dû chercher à faire l’unité et céder la place plutôt que d’essuyer une telle défaite. Il n’est en tout cas pas question de refaire l’histoire et les chances de Benoît Hamon pour un second mandat de député semblent bien minces. A Trappes, comme dans beaucoup d’autres villes et circonscriptions, la place laissée vide par le PS est une cible que Mélenchon ne négligera pas dans sa stratégie pour les législatives et au-delà.

Des candidatures multiples qui rendent les résultats plus incertains

Dans les Yvelines, comme en région parisienne, la montée brusque à la victoire de Macron et de LREM, le succès non négligeable de Mélenchon et de la France insoumise (FI) ont ébranlé les vieilles formations politiques et provoqué de multiples dissidences. Le premier effet a été, le recul du FN. Déjà peu puissant dans cette circonscription (moins de 12% à Elancourt et à Trappes au 1er tour), il sera probablement encore affaibli, lors des législatives, par les multiples dissidences. Il n’y aura dans la 11ème circonscription pas moins de cinq candidatures d’extrême droite. Ce n’est donc pas de ce côté-là que se situe l’enjeu pour les législatives. Nul besoin de barrage, ils se chargent eux-mêmes de leur effritement ! Par contre, la droite se trouve renforcée du fait que Fourgous représente, aux législatives, une candidature unique LR-UDI toute prête à rejoindre la majorité présidentielle.

A « la gauche de la gauche », le PCF et la France Insoumise n’ayant pu parvenir à un accord présenteront, quant à eux, deux candidats. Il faudra que le candidat de la FI, Mathurin Lévis recueille des voix chez les déçus de Hamon s’il veut conserver la place de tête gagnée par Mélenchon lors des présidentielles.

La principale inconnue, reste le score que parviendra à atteindre Nadia HaÏ, la candidate de La République en Marche. Obtenir la députation dans cette circonscription serait de l’eau apportée au moulin de Macron dans son objectif d’obtenir la majorité absolue à l’assemblée, c’est-à-dire au moins 289 sièges. Ce serait pour lui, la possibilité de faire voter immédiatement l’habilitation qui lui permettrait de légiférer par ordonnances. Ce serait alors faciliter la tâche au gouvernement qui souhaite imposer le démantèlement définitif du code du travail, et le déploiement de sa politique ultralibérale au service du MEDEF.

Face au néo-libéral Macron, des candidatures d’indépendance de classe

Que les législatives dans la 11ème circonscription portent à la députation la candidate de LREM ou le candidat LR-UDI prêt au ralliement à la « majorité présidentielle », ces votes équivaudraient à donner les pleins pouvoirs à Macron pour mener sa politique de casse des acquis des travailleurs et du service public. Face à cette menace seules deux candidatures d’extrême gauche se situent sur une ligne d’indépendance par rapport aux diktats du patronat. LO et le NPA.

LO présente une candidate, Christine Egasse. Dans la continuité de la candidature de Philippe Poutou, le NPA présente un candidat, Vincent Fournier, facteur et syndicaliste. Claude Normand, sa suppléante, est retraitée. Comme Philippe Poutou, Vincent Fournier travailleur de La Poste, sait ce que vont vivre ses collègues d’Elancourt ou de Trappes une nouvelle fois promis à la délocalisation. Sa suppléante, retraitée, sait que le moment est venu de voir augmenter la CSG et bloquer les retraites. Ils savent, comme tous les travailleurs et les jeunes de la circonscription, les menaces qui pèsent sur leurs emplois, leurs conditions de travail, leur santé et l’éducation de leurs enfants.

Ce dont ont besoin les travailleurs et les populations dans les quartiers ce n’est pas de politiciens soi-disant nouveaux, issus de la « société civile », de ceux que nous propose un Macron et qui ne sont pour nombre d’entre eux, que des chefs d’entreprise ou des DRH recyclés.

Ceux et celles pour qui ils souhaitent voter ce sont des militants honnêtes, capables de dire leurs vérités aux politiciens corrompus, avides d’argent et d’honneurs, capables de redonner confiance dans notre capacité à nous organiser pour gagner.

Avec les candidats du NPA, préparons la riposte

Tirant déjà des traites sur l’avenir et agissant comme s’il était sûr de sa majorité, Macron a entrepris des « pré- négociations » sur les nouvelles aggravations de la Loi Travail qu’il compte mettre en place par ordonnances, dès l’été. Les dirigeants syndicaux, Berger de la CFDT, Mailly de FO, mais aussi Martinez de la CGT se sont rendus à son invitation. Cependant, ils n’ont guère manifesté de résistance sauf à dire qu’il fallait revoir le calendrier. Rien d’étonnant du côté de la CFDT qui a appuyé la loi Travail, mais bien surprenant pour Martinez, accompagné de Mailly, qui est apparue pour le monde du travail, comme l’opposition dans la rue au gouvernement Hollande et sa loi Travail.

En votant pour les candidats du NPA, vous réaffirmerez que, contrairement à ce que déclare Mélenchon, nous ne voulons pas « éviter les manifestations » et les bagarres. Nous voulons au contraire nous mobiliser, faire converger nos luttes, prendre nous-mêmes nos affaires en main, pour préparer les batailles à venir contre Macron qui veut faire passer par la grande porte le train des contre-réformes contre lequel nous avons été des milliers à nous battre au printemps dernier.

« Le rouleau compresseur de Macron ne passera pas sur nous ». C’est ce que vous affirmerez en votant pour Vincent Fournier dans l’une des 7 communes de la 11ème circonscription des Yvelines.




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