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Politique

Pour « compenser » le non-cumul des mandats

Les députés votent l’augmentation de 40 % des salaires des maires des grandes villes

Quand il s’agit du SMIC, c’est l’augmentation minimum. Mais quand il s’agit des salaires des grands élus, c’est la fête : l’Assemblée a voté il y a une semaine, en catimini, un amendement permettant aux grands élus d’augmenter leur salaire de 40 %.

Crédits photos : AFP

À l’origine, ce n’est pas un texte du gouvernement : c’est le Sénat, cette assemblée dominée par Les Républicains, dont les élus sont choisis par les maires et autres élus de France, qui avait choisi d’amender le projet de loi de finance du gouvernement. Le projet ? Permettre aux élus des villes de plus de 500 000 habitants, aux présidents de région et de département, d’augmenter leur salaire, à hauteur de 40 %, celui-ci passant de 5512 euros à 7716 euros. L’amendement avait été adopté par le Sénat, mais le rapporteur du texte LREM Joël Giraud s’y était opposé, et avait déposé un amendement pour faire enlever cette nouvelle disposition à l’Assemblée Nationale. C’était sans compter l’action du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui a réintroduit un autre amendement, non pas pour supprimer les modifications sénatoriales, mais pour les approfondir ! Quand on est issu de la droite, les vieux réflexes ne tardent pas à ressortir ! Résultat, les députés LREM ont suivi les décisions du ministre, qui a ajouté à la liste des bénéficiaires de cette rallonge les présidents de métropole, et a abaissé le seuil de 500 000 habitants à 100 000 habitants, faisant ainsi passer le nombre de maires « éligibles » de 3 à une quarantaine !

Dans la tête des sénateurs, l’objectif était de « reconnaître le travail » des grands élus, en « alignant leur salaire sur celui des hauts fonctionnaires », comme l’a expliqué Pierre Cuypers (LR), qui avait défendu l’amendement. Pour défendre son amendement, Gérald Darmanin a expliqué qu’il s’agissait de compenser la loi sur le non-cumul des mandats, qui « affecte les présidents des exécutifs, notamment les plus importants ». Darmanin espère peut-être faire le plus beau des cadeaux aux grands élus : permettre le cumul des indemnités sans cumul des responsabilités politiques.

216 euros par an : voilà l’augmentation du SMIC brut que la loi de finance a acté ; l’amendement concernant les maires des grandes villes permet une augmentation de leur salaire annuel de 26 448 euros, soit 122 fois plus. Voilà une mesure qui permet d’expliquer le plus simplement du monde quelles sont les priorités du gouvernement : s’engraisser, engraisser les copains, et surtout, écraser les plus pauvres.




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