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Politique

Dans la droite ligne de son père

Après le Vel d’Hiv, l’Algérie. Pour Le Pen, "La colonisation a beaucoup apporté"

A quelques jours du premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen, candidate du Front National, vante les "bienfaits" de l'Histoire coloniale de la France.

Plus l’échéance électorale approche, plus Marine Le Pen semble poussée sur sa droite. En perte de vitesse, puis dans une dynamique négative dans les sondages depuis le débat du 4 avril et du missile de Philippe Poutou version "immunité ouvrière", Marine Le Pen et le Front National ont réaffiché des positions historiques de l’extrême droite traditionnelle, jusqu’ici écartées des micros. Il y a eu d’abord la réaffirmation forte de l’hostilité envers les organisations ouvrières, et en particulier des syndicats, pour endiguer les vagues provoquées par la torpille balancée par Philippe Poutou. Mais Marine Le Pen herself ne s’est pas arrêtée là, sans doute pour raccrocher les wagons du peuple de droite qui pourrait bien être séduit de nouveau par la stabilité et le côté plus serein d’un vote Fillon. Il y a eu, bien évidemment, sa sortie sur la non responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv’, voici maintenant venu le temps de renoué avec la glorification de l’Histoire coloniale de l’Hexagone.

Moi je pense - et chacun d’ailleurs qui est de bonne foi admet - que la colonisation a beaucoup apporté, notamment, puisqu’on parle de l’Algérie, à l’Algérie : des hôpitaux, des routes, des écoles... Même des Algériens qui sont de bonne foi l’admettent

Marine Le Pen, le 19/04/2017 sur BFMTV

Ah, le bon temps des colonies ! Celui qui a fait, et qui fait encore aujourd’hui comme nous le rappelle avec force le mouvement en cours en Guyane, la "grandeur" de l’impérialisme français. Durant les années placées sous le signe de la "dédiabolisation", cette question a été soigneusement évitée par les principaux pontes du Front National. En effet, cette position vis à vis de l’empire colonial, ancré dans l’ADN de l’extrême droite, rappelle avec force que la formation frontiste défend mordicus les intérêts des classes dominantes hexagonales. Peu ragoutant quant on cherche a s’affirmer "anti système" et principal parti des ouvriers... Cependant, la donne a changé pour Marine Le Pen, elle qui n’est plus si assurée de figurer au second tour du scrutin présidentiel de 2017. Et pour redynamiser une campagne en perte de vitesse, quoi de mieux que de revenir aux fondamentaux ? Cette quête de réaffirmation idéologique, Marine Le Pen la revendique elle même. Dimanche dernier, son père et fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen, a apporté via tweeter son soutien à la candidature de sa fille, et ce malgré son exclusion du parti l’année dernière.

Il est patriote. Ca ne m’étonne pas de lui. C’est un patriote, il s’est battu toute sa vie pour la France et les Français (...). Il a défendu l’Algérie française, comme beaucoup de gens qui ont créé le FN.

Marine Le Pen n’est pas seulement une nostalgique du passé colonial de la France, elle s’efforce aussi d’apparaitre, pour les classes dominante, comme la meilleure courroie de transmission de l’idéologie impérialistes et colonialistes. Sous couvert d’un "patriotisme" propre au FN dans sa quête d’illusion dans les rangs du prolétariat hexagonal, Marine Le Pen accompli sa tâche avec méthode. Celle de diviser notre camp social à grands coups de déclarations xénophobes, défendant corps et âme le pire de l’abject dont est capable le capitalisme et les classes dominantes françaises. Une preuve de plus, s’il en fallait, que le Front National est tout sauf un parti "anti-système".




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