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Politique

Campagne présidentielle

Meeting réussi pour Lutte Ouvrière, 4 000 personnes à Aubervilliers

Ce dimanche 26 mars, Lutte Ouvrière a tenu son grand meeting de campagne à Aubervilliers. Près de 4 000 militants et sympathisants se sont réunis, faisant salle comble.

Drapeaux rouges estampillés Lutte Ouvrière dans une salle aux couleurs de la lutte, la salle des Docks d’Aubervilliers en Seine-Saint-Denis était pleine à craquer. Avant que Nathalie Arthaud ne prenne la parole, la foule a écouté les interventions de militants de plusieurs secteurs. Une aide-soignante a témoigné de la dégradation des conditions de travail au sein des hôpitaux, une ouvrière dans l’aéronautique a montré l’hypocrisie du patronat en faisant huer la hausse de son salaire de 27 euros brut par mois alors même que les actionnaires ont vu leurs dividendes augmenter de plusieurs millions d’euros.

Ensuite Arlette Laguiller est intervenue. Accueillie sous une standing ovation, elle est revenu sur l’histoire électorale du parti, dédramatisant les faibles scores des dernières présidentielles : « Nous avons connu des scores variables, de 5% à 0,5%. Et alors ? Ce sont entre 200 000 et 1,6 million de personnes qui ont choisi au moins une fois dans leur vie de voter pour des communistes révolutionnaires. Cela a permis que ne disparaisse pas la petite étincelle qui, si elle s’enflamme un jour, mettra le feu à la plaine ! ». Il faut rajouter à ces chiffres ceux de la LCR qui en 2002 a reçu 1,4 million de voix, ce qui fait 3 millions de votants pour le communisme révolutionnaire.

Arlette a rappelé que le parti a été le premier à présenter « une femme et une travailleuse à la présidentielle » et qu’elle s’est présentée ainsi devant les électeurs : « Je suis une femme, et j’ose me présenter à cette République d’hommes ». Elle est revenue sur les réactions de l’époque : « Ma candidature suscita le mépris. En 1976, le général Bigeard, ex-chef militaire [massacreur du peuple algérien] et ministre de Giscard, proposa de me marier à un parachutiste pour me calmer. […] Pour nous, l’égalité hommes-femmes est un fait, une évidence, et je suis fière que nous ayons désigné une femme pour défendre les intérêts du camp des travailleurs ».

Il est à souligner que Lutte Ouvrière sera le seul parti à présenter une femme comme candidate pour les prochaines élections en dehors... du Front National. Mais contrairement au FN de Marine Le Pen, LO a désigné une femme pour défendre les intérêts du camp des travailleurs.

Avant de laisser la parole à Nathalie Arthaud, Arlette a lancé un appel du pied aux militants du PC qui « ne veulent pas voter pour un Mitterrand au petit pied, ils doivent voter pour Nathalie Arthaud, qui lève bien haut le drapeau du communisme ».

La candidate passe à travers la foule pour accéder à la tribune sous les applaudissements et les drapeaux de Lutte Ouvrière. Une fois au pupitre, elle annonce la couleur, rouge. Ce n’est pas pour accéder à l’Elysée qu’elle est candidate mais pour « lever le drapeau de la conscience de classe et des luttes collectives ». L’élection présidentielle est un outil et non pas un but.

Elle s’en est ensuite pris aux candidats de la bourgeoisie, Macron et ses « deux lois anti-ouvrières » que sont la loi Macron qui étend le travail le dimanche, et la loi El-Khomri ; Hamon et son « discours du Bourget remixé ». Pour ceux qui seraient tentés de voter Marine Le Pen qui « divise le camp des travailleurs », elle en appelle « au copain de boulot, au voisin tenté par Le Pen, je dis : Laisse ce vote aux bourgeois du XVIe, aux policiers racistes, aux nostalgiques de l’Algérie française, aux nazillons mal vieillis ! Ne vote pas contre les immigrés qui sont tes frères de classe ! ».

Quant à Mélenchon, la candidate de Lutte Ouvrière a mis en garde les électeurs contre le candidat de la France Insoumise qui « sème de graves illusions sur le système capitaliste » en voulant « réaliser un « tour de passe-passe » en redonnant « le pouvoir au peuple sans l’ôter des mains de la classe dirigeante ».

Face à toutes ces politiques aux services du patronat et à la politique souverainiste de Mélenchon, LO veut interdire les licenciements pour mieux répartir le travail entre toutes et tous et exproprier les grandes entreprises qui licencient tels « PSA [qui] était au bord de la faillite, [alors qu’]aujourd’hui ils se permettent de racheter Opel ». Pour que les travailleurs et travailleuses puissent « vivre sans l’angoisse du lendemain », le parti trotskiste veut un SMIC à 1 800 euros.

Le meeting de LO a été une réussite, même si nous avons certaines différences programmatiques et d’analyses de la situation politique, nous ne pouvons que nous réjouir d’un tel meeting. A défaut d’avoir une candidature anticapitaliste et révolutionnaire unitaire dans cette période réactionnaire, nous espérons que la campagne de Lutte Ouvrière, qui, comme nous, est du bon côté de la barricade, permette de faire avancer les consciences des travailleurs et jeunes qui la regardent avec sympathie. Là où la presse bourgeoise, notammentLe Figaroqui a publié un article nauséabond, ne souligne pas la réussite d’un tel rassemblement, nous préférons mettre en avant une candidature qui va dans le bon sens pour notre classe. Alors queLe Figarodénonce le fait qu’un jeune ait été obligé de ranger une drapeau français lors du meeting, nous revendiquons les drapeaux rouges déployés, les drapeaux des travailleuses et des travailleurs, le drapeau de la lutte et du combat pour la révolution.




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