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Jeunesse

Contre Vidal et son monde

Montpellier. Après une semaine de vacances, la mobilisation repart de plus belle

Après une semaine de vacances, ce lundi marquait la rentrée universitaire à Paul-Valéry Montpellier 3. C'était donc aussi la reprise de la mobilisation contre les réformes de l'éducation, et notamment la loi Vidal. Chronique de deux journées de mobilisation.

Lundi 26 : rendez-vous de rentrée réussi

En ce lundi 26 février, jour de rentrée à l’université Montpellier 3, pas de temps à perdre pour les étudiants mobilisés contre les réformes de l’éducation. Dès 6h, ce sont 50 étudiants issus du comité de mobilisation de la veille qui se sont retrouvés devant la fac pour en bloquer les entrées des bâtiments, conformément au mandat donné par l’assemblée générale réunie avant les vacances, durant laquelle 1000 étudiants avaient pu s’informer sur la loi, s’organiser et décider, à une large majorité, de la reconduction du blocage. Une rentrée réussie malgré la coupure des vacances !

L’assemblée générale réunie dans la foulée, à 10h a rassemblé près de 300 personnes. Le blocage jusqu’à la fin de la semaine, l’occupation de l’amphi A, le fait d’aller tracter à la fac de sciences et le nouveau comité de mobilisation ont été votés. Au cours de ce dernier qui avait lieu le jour même à 14h, les étudiants mobilisés se sont organisés en divers commissions dont la commission programmation qui a préparé un programme d’animation sur la semaine dans l’amphi A : conférence-débat sur mai 68, ateliers confection d’affiches, projections de films, etc.


(voir les mises à jour sur le facebook de Paul Va lève-toi)

La présidence du côté des étudiants ?

Face à la mobilisation, la présidence semble afficher une position conciliante : Patrick Gilli voudrait apparaître « du côté des étudiants » en disant par exemple, dans un des multiples communiqués quotidiens dont il a le secret, que « la direction comprend bien l’inquiétude et les questionnements légitimes des étudiants » ou encore quand il se montre coopératif en proposant l’amphi A aux étudiants et personnels mobilisés.
Cependant, il est clair que la stratégie de Gilli est de se montrer le plus lisse possible et de « limiter la casse » en publiant des nombreux communiqués (jusqu’à 4 par jour) pour annoncer la banalisation des cours et ainsi inciter les étudiants à rester chez eux. Le but de la direction est de ne pas faire de vagues et d’étouffer la mobilisation dans l’œuf en vidant le campus de ses étudiants avant que le mouvement ne parvienne à se solidifier et à se massifier. Il est plus qu’important à ce stade d’être lucide et vigilant par rapport à l’attitude de la direction qui affiche une posture bienveillante, mais qui n’a en réalité aucune intérêt à soutenir et à contribuer au mouvement naissant.

Mardi 27 : l’entrée en scène des personnels

Mardi 27, une réunion d’information destinée aux personnels et aux étudiants était programmée pour 14h : elle a rassemblé 1000 étudiants, professeurs et personnels administratifs. Après l’introduction réalisé par un président à la botte du gouvernement Macron, bien décidé à nous vendre un projet d’une université « sans sélection », la tribune d’étudiants mobilisés a repris la parole pour nommer cette sélection qui ne dit pas son nom en revenant sur les différents points du plan étudiants et les attaques que l’université a pu subir depuis mai 68.

Si des étudiants peu convaincus ont pu émettre des doutes quant à la justesse des propos et des actions menées par les différentes AG, des voix ont émergé pour porter des mots d’ordre comme la convergence des luttes à l’intérieur comme à l’extérieur de l’université, en appelant à la mobilisation des personnels et enseignants et en rappelant également l’importance de se joindre aux échéances du 15 et 22 mars appelées respectivement par le secteur de la santé (EPHAD) pour la première, et l’ensemble de la fonction publique et le secteur ferroviaire pour la seconde.

Et après ?

Le bilan que l’on peut déjà tirer de ces premières journées de blocage et d’occupation de la fac est que même si la mobilisation reste fragile et naissante et qu’il y a encore à faire pour massifier et consolider, le mouvement est déjà prometteur en particulier quand on observe la composition du comité de mobilisation.
Il faut désormais que le mouvement se structure localement, pour réussir à tenir sur la durée et à se d’ici au 15 mars, en convainquant largement. Avec les multiples communiqués quotidiens de la présidence, qui n’ont pour autre objectif que de vider le campus afin d’amener le mouvement à s’étioler puis disparaître, les étudiants et personnels mobilisés font face au défi de garder le contact avec leurs homologues encore frileux. Ateliers, conférences-débats et animations : le campus est ouvert, venez vous informer et discuter des réformes de l’éducation, pour mieux comprendre le projet du gouvernement et décrypter son monde !

Crédit photo : RP




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