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Non à la privatisation de l’orientation ! Les Psychologues de l’éducation étaient en grève et dans la rue ce mardi 5 juin

Fermeture des centres d’informations et d’orientation (CIO), diminution des postes dans les établissements scolaires, le transfert de l’information sur l’orientation aux régions et désengagement de l'Etat. Les raisons de se manifester ce mardi 5 juin en direction du ministère de l'Education Nationale étaient nombreuses pour les psychologues de l’éducation, psy-EN.

Suppression des CIO, réduction des postes de COP-psy, polyvalence des professeurs dans l’orientation : une politique d’austérité budgétaire

Les psychologues jouent un rôle fondamental dans les établissements scolaires mais aussi dans les quartiers. Ils procurent une aide aux élèves dans l’élaboration de leur projet scolaire et professionnel. Ils organisent également un suivi et une prévention des difficultés scolaires et travaillent à mettre en œuvre des conditions favorisant l’équilibre psychologique des adolescents.

Depuis 2013, le ministère de l’Education nationale a recensé près de 70 CIO en moins ( 739 à 470 aujourd’hui). Or, le ministère a annoncé la suppression de tous les CIO d’ici 2 ou 3 ans. Dans les établissements scolaires, la présence des COP-Psy est de plus en plus réduite.

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer entend mettre en œuvre une nouvelle loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » dégradant irrémédiablement les conditions de travail des psy-EN mais qui va nuire également à l’avenir des élèves notamment ceux des quartiers défavorisés. Il s’agit de transférer les missions d’information et d’orientation aux régions.

Dans le même temps, le projet de réforme des lycées prévoit que « l’accompagnement au choix de l’orientation (…) implique l’intervention de l’équipe éducative et le cas échéant des personnes et organismes invités par l’établissement et qui peuvent être mandatés par le conseil régional », mettant en concurrence les missions des Psy-EN. Un changement qui intervient au même moment de la réforme du bac , qui prévoit d’accroître le rôle donné aux enseignants en termes d’accompagnement dans l’orientation – mission pour laquelle ils ne sont pas formés - et de Parcoursup, qui ouvre grand les vannes des services d’orientation et de coaching scolaire privé.

Régionalisation de l’orientation....

Avec le passage à une tutelle régionale, le risque exprimé par les psychologues de l’éducation nationale, est la diffusion d’une information plus locale, axée principalement sur les besoins de main d’œuvre liés aux orientations économiques de la région en matière de formations professionnelles et d’emplois. Même si l’information sur les filières dans un cadre national n’évitait pas l’adaptation de l’école aux exigences du patronat, son transfert aux régions va le renforcer en orientant les élèves vers les besoins spécifiques des bassins économiques concernés. De là à parler d’une plus grande « liberté de choisir son avenir professionnel »… Dans les éléments de langage du ministère, il y a toujours cette tendance à assumer des contre-vérités !

Par ailleurs, cette loi renforce la territorialisation des établissements scolaires dans la continuité de la loi sur la refondation de l’école de 2013 qui instaurait l’autonomie des établissements et un désengagement plus important de l’Etat.

....et le danger de la privatisation

Mais à terme, le danger réel de cette loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » est la privatisation du service public d’information sur l’orientation. La catastrophe d’orientation des lycéens avec Parcoursup laisse penser que les élèves mis sur le carreau peuvent favoriser l’ouverture d’un nouveau marché privé.




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