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Politique

Nucléaire : un nouveau rapport confirme les risques

Jeudi 5 juillet, une commission parlementaire dirigée par Barbara Pompili rendait son rapport concernant la sécurité des centrales nucléaires à l’assemblée nationale. Ce rapport, qui ne se veut ni pro- ni anti- nucléaire a déjà provoqué l’ire des députés LR ayant participé à sa rédaction. Selon eux, ce rapport serait trop à charge de l’industrie nucléaire.

Crédit : ALAIN JOCARD / AFP

Barbara Pompili (LREM, ex-EELV) rendait aujourd’hui à l’assemblée nationale le rapport parlementaire dont elle était rapporteuse. Cette ancienne écologiste s’était fixé comme objectif de fournir un rapport qui ne soit pas un pamphlet ni en faveur ni à charge vis-à-vis du nucléaire en France. Le rapport dresse cependant un portrait bien sombre de l’état des centrales et des institutions de contrôle.

Parmi les points particulièrement inquiétants relevés par le rapport, il y a le recours massif à la sous-traitance et ses conséquences. Ce recours à des entreprises tierces permet certes des économies substantielles pour les exploitants, EDF et Orano (ex-Areva), mais a plusieurs conséquences dramatiques pour la sécurité des centrales. Par exemple, le recours à des prestataires entraîne une perte de compétences au sein des exploitants et une « dilution de la responsabilité ». De plus, la course à la réduction des coûts chez ces prestataires a un impact direct sur les conditions de travail de leurs employés et donc sur la qualité du travail fourni. Cela est particulièrement inquiétant considérant les risques liés au nucléaire. Ce type de pratique est lié à la privatisation progressive d’EDF et de l’ensemble de la filière nucléaire depuis les années 90.

Un autre point qui devrait interpeller est le « risque d’endogamie » de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). En fait, il apparaît que cette institution souffre d’un entre-soi qui pourrait nuire à ses missions de contrôle des centrales. De plus, le rapport suggère que l’ASN devrait voir ses pouvoirs augmenter afin d’augmenter ses capacités à imposer des mises aux normes aux exploitants.

Il faut aussi noter que ce rapport, même s’il ne remet pas clairement en question l’utilisation du nucléaire ni sa gestion désastreuse par le privé, va trop loin pour les députés LR qui ont participé à sa rédaction. En effet, ces 5 députés ont rédigé une note qu’ils ont souhaité attacher à celui-ci. Pour eux, la rapporteur avait un biais contre le nucléaire et surévalue les dangers liés à cette industrie.

Reste que les 33 points de ce rapport ne semblent pas apporter des réponses afin de pouvoir exploiter avec un maximum de sécurité ces centrales. En effet, dans un monde capitaliste où seule la rentabilité compte, mettre en œuvre les rénovations et les conditions de travail permettant d’assurer un maximum de sécurité pour les travailleurs et l’ensemble de la population est totalement utopique.




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