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PSA. Débrayages à Sochaux et La Garenne contre la politique de la direction

La colère gronde chez PSA Peugeot Citroën : sur les sites de La Garenne Colombe et de Sochaux, des débrayages ont eu lieu contre les conditions de travail et contre la fermeture du site des Hauts de Seine. Mais plus généralement, c’est une colère latente qui s’exprime sur tous les sites.

A La Garenne, les ingénieurs débrayent contre le déménagement forcé de leur lieu de travail

Sur le site de La Garenne Colombes, dans les Hauts de Seine, la plupart des travailleurs sont à l’ingénierie : le site est consacré à la recherche et au développement des nouveaux composants des futurs véhicules. Cependant, pour des raisons uniquement économiques, PSA souhaite tout simplement se débarrasser de ce centre de recherche, pour tout centraliser encore plus loin de Paris, à Carrière-sous-Poissy ou Poissy. Ce « déménagement » s’apparente cependant plus à une fermeture d’usine, car il s’agit bien pour la direction de réduire les coûts. Ce déménagement serait lourd de sens pour tous les salariés : situé à 25km plus à l’ouest de Paris, il signifierait tout d’abord beaucoup plus de transports pour tous, avec des coûts plus élevés et des temps de parcours plus importants. De surcroit, une étude menée par le CHSCT montre que les espaces dans lesquels doivent être accueillis les nouveaux arrivants ne sont pas aux normes, tant en termes d’espace que d’équipements en WC par exemple. Gilles, qui travaille actuellement à La Garenne résume la situation : « avec ce nouveau bâtiment, ca va être des cages à lapins ». C’est donc contre ces conditions de travail misérables que 120 à 150 salariés ont débrayé un peu moins d’une heure pour protester.

PSA Sochaux : la direction est assise sur un baril de poudre

Dans l’usine historique de Peugeot, à Sochaux dans le Doubs, l’ambiance et tout aussi tendue : face à l’allongement de leur journée de travail, ou encore la réduction de leur temps de pause, les salariés ont débrayé en criant « augmentez les salaires, pas les horaires ! » ou encore « non aux heures supplémentaires, embauchez tous les précaires ! ». Face à des usines où le taux d’intérimaires explose –à PSA Mulhouse, ce sont près de 800 intérimaires qui viennent d’être embauchés– les revendications touchent donc tous les salariés, qu’ils soient en CDI ou en intérim. A Sochaux, ce sont 120 personnes qui ont débrayé pendant plus de deux heures. Après le débrayage du 1er juin, durant lequel 200 personnes avaient cessé le travail, cela montre bien l’énervement chez beaucoup d’ouvriers. Face à ces mouvements, la direction semble pour l’instant faire quelques concessions : à PSA Trémery (Moselle), le lundi de Pentecôte a été travaillé comme un jour férié, c’est-à-dire avec une meilleure rémunération. Mais en dépit de ces quelques concessions, la direction est quelque peu inquiète de l’état d’esprit des salariés, de surcroit après les révélations des volontés d’Emmanuel Macron concernant la réforme du code du travail : les documents qui ont fuité dans la presse sont au cœur des préoccupations de beaucoup.




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