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Loi Travail

PSA Vesoul veut faire travailler ses employés 37h45 et supprimer des emplois

Les groupes de l’automobile sont à l’avant-garde de la casse du code du travail. Anticipant les Lois travail, FIAT avait « négocié » une augmentation des heures de travail en 2016, Renault en 2017 avait fait de même. Cette fois, c’est le groupe PSA qui va s’y atteler et cette augmentation du temps de travail va s’accompagner de suppressions d’emploi. Les Lois travail misent en place ont des conséquences dramatiques pour les travailleurs.

PSA a annoncé vouloir mettre fin aux 35h sur son site de Vesoul en Haute-Saône. Pour se faire, la direction va utiliser cette nouvelle armada patronale que sont les lois travail.

Mettant en avant la compétitivité, le groupe souhaite augmenter le temps de travail de 7,8% pour arriver à une semaine de 37h45, accompagnée d’une augmentation salariale de 2,8% afin de faire passer la pilule. Cela correspond à une augmentation de 38 euros brut pour une personne touchant le SMIC.

Le site de Vesoul compte 3 000 salariés qui fabriquent et stockent des pièces détachées. La direction soit disant soucieuse de « l’avenir du site » dans un « environnement particulièrement concurrentiel » explique que « ce projet s’inscrit dans un plan plus général de transformation du site et d’amélioration de l’organisation, visant à en réduire les coûts. Il s’agit de rester dans la course et d’assurer au site un développement sur le long terme ». Comme si cette augmentation du temps de travail ne suffisait pas, la direction veut « une réduction automatique des effectifs avec un objectif de 150 emplois en CDI à supprimer par an jusqu’en 2020 ».

Cette modification du temps de travail ne peut se faire sans l’accord de la majorité des syndicats. Si ce n’est pas le cas, la direction de PSA pourra recourir à un référendum interne. Heureusement pour PSA et malheureusement pour les salariés, la direction pourra sans doute compter sur FO qui est majoritaire sur le site afin d’acter le plan.

En effet, en janvier dernier, PSA avait déjà pu s’appuyer sur les organisations syndicales FO, CFE-CGC, CFDT, CFTC et GSEA, qui totalisent près de 78% des voix, pour acter la suppression de 1 300 emplois. Ainsi, le groupe a été la première entreprise française à mettre en place la rupture conventionnelle collective, un autre dispositif instauré par la nouvelle Loi Travail.

Une offensive patronale criminelle qui s’inscrit dans la continuité du « Pacte 2020 » de l’usine Smart d’Hambach en Moselle, signé en 2016 qui faisait revenir aux 39 heures payé 37, une augmentation de salaire de 120 euros brut par mois et une prime de 1 000 euros versée sur deux ans, en échange la direction s’était engagée à ne faire aucun licenciement économique d’ici 2020. Après 2020, par contre il n’y aucune garantie et d’ici là, ils peuvent supprimer des postes via des départs volontaires, licenciements ciblés et départ en retraite non remplacés.

A PSA Vesoul, il y aura une augmentation des heures de travail et des suppressions de postes. On parle de compétitivité et de rentabilité de la filière alors même que PSA a enregistré 4,147 milliards d’euros de bénéfices entre 2014 et 2016. Le fait de séparer les résultats d’une filière isolément du reste du groupe est l’une des façons du patronat pour montrer que des licenciements sont inévitables. Mais avec ses plus de 4 milliards, PSA peut se donner la possibilité de garder les 150 CDI menacés par an, d’embaucher les intérimaires et les emplois précaires en CDI. Les embauches en CDI peuvent être une source d’accord avec le patronat comme à Renault en 2017, qui en échange de la possibilité d’augmenter le travail d’une heure par jour par période d’activité haute a promis 3 600 embauches en CDI. Mais le problème c’est que ces embauches ne seront pas pour les postes où le besoin s’en fait le plus sentir.

La CGT de PSA Vesoul dénonce ce projet qui remet en cause les 35h. PSA a fait le choix d’engranger plus de profit sur le dos des travailleurs en les faisant travailler plus pour quelques miettes de plus. Il faut s’attendre à un élargissement de cette pratique, légalisée grâce à Macron et sa Loi travail numéro 2. Dans les usines de montage de PSA, les travailleurs se plaignent des cadences infernales, du manques de salariés, des conditions de travail, mais le choix de PSA est de supprimer des CDI, d’embaucher des précaires et d’augmenter les heures de travail. Ici, sur le site concerné il ne s’agit pas d’une chaîne de montage mais on sait que le patronat a les dents longues et ne s’arrêtera pas à mi-chemin.

Crédits : groupe PSA




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