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Pas de Donald Trump à Londres : par protestation ou par peur des protestations ?

Le président américain ne participera pas à l'ouverture de la nouvelle ambassade américaine au Royaume-Uni prévue pour le début de cette année.

Traduit de LID

Crédits photo : MATT DUNHAM/AFP

Trump a allégué qu’il n’assisterait pas à l’inauguration de la nouvelle ambassade parce qu’elle est considérée comme une affaire ruineuse de l’administration de son prédécesseur, Barack Obama. « Une mauvaise affaire » voilà pourquoi Donald, l’agent immobilier qui pourtant est aussi président des États-Unis d’Amérique, ne se rendrait pas à Londres pour inaugurer la toute nouvelle ambassade des États unis. Toujours très protocolaire, celui-ci a répondu par un « NO ! », en tweet à l’invitation officielle de la première ministre Theresa May.

Sur son compte Twitter, Trump écrit : «  La raison pour laquelle j’annule mon voyage à Londres est que je ne suis pas un grand fan de l’administration Obama qui a vendu l’ambassade la mieux située et la plus agréable à Londres pour des « peanuts », afin d’en construire une autre bien plus éloignée pour 1,2 Md$ Mauvaise affaire. On voulait que je coupe le ruban. NON !  »

La décision de déménager l’ambassade dans le Nine Elms, au bord de la Tamise, une zone exclusive en plein centre de Londres avait en réalité été prise en 2008 sous la présidence de Georges W. Bush.

Cette décision de Donald Trump est une mauvaise nouvelle pour Theresa May qui avait été la première à lui rendre visite à la Maison Blanche. Leur rencontre avait été immortalisée par une photo où ils se serraient la main. Mais cette relation fraternelle contraste avec la position des londoniens qui avaient été 100 000 à manifester le jour où Trump a pris ses fonctions.

La Women’s March (la marche des femmes) londonienne avait été l’une de ces centaines de manifestations qui avaient émergé dans les villes les plus importantes du monde, de Dublin à Cape Town, en passant par Budapest et Calcutta, en dénonçant les commentaires misogynes, les accusations racistes et la négation du changement climatique du président Trump.

À la promesse de manifestations de masse des londoniens si Trump programmait une visite officielle s’est ajouté le refus des députés d’accorder à Trump l’opportunité de s’adresser au Parlement britannique. Ces visites d’Etat - différentes de celle que Trump a suspendue aujourd’hui, n’ont pas été officiellement annulées, mais n’ont toujours pas de dates, bien qu’elles soient planifiées bien à l’avance incluant tout le déploiement officiel - l’invité résidera à Buckingham Palace et sera un invité de la reine.

En effet l’année dernière l’inauguration de l’ambassade et la visite d’État lors de laquelle Trump aurait dû arriver en carrosse et être logé dans le palais royal avait déjà été remplacé par cette « visite de travail ». Une visite durant laquelle en plus des réunions avec May, il devait tout de même du « couper le ruban ». Cependant, même ce plan modeste a été abandonné et des sources gouvernementales ont suggéré que le secrétaire d’État, Rex Tillerson, inaugure à sa place le nouveau siège diplomatique considéré comme le niveau le plus élevé, le plus sûr et le plus sophistiqué jamais construit par les États-Unis.

Les relations entre le Royaume-Uni et Trump deviennent difficiles alors que le Royaume-Uni est en rupture avec l’Union Européenne et que la première ministre conservatrice a tout fait pour garder cet allié malgré les nombreuses critiques. 
Le ministre britannique des Relations Extérieures, Boris Johnson (avec un langage qui ressemble chaque fois un peu plus à celui de Donald Trump), a regretté l’annulation du voyage en accusant le parti travailliste – et en particulier le leader du parti, Jeremy Corbyn et le maire de Londres, Sadiq Khan, - de faire mettre en danger leur relation avec les États-Unis en encourageant les manifestations contre Trump.

Corbyn a en effet appeler à une manifestation le jour de l’inauguration de l’ambassade pour envoyer un « message clair » d’opposition aux actions de Trump, qui a, entre autres, retwitté des déclarations du groupe d’extrême droite « Britain First ». Le maire Khan a quant à lui déclaré que le président n’était pas le bienvenu dans la ville et que, «  enfin, il avait compris le message  ».

Borís Johnson, lui, pressé de sceller un accord commercial avec la première puissance mondiale a écrit sur Twitter : « Les États-Unis sont le premier investisseur au Royaume-Uni. Cependant, Khan et Corbyn semblent décidés à mettre en danger cette relation cruciale », tout en traitant le maire d’être un «  prétentieux gonflé et pompeux  ».

La façon de répondre du gouvernement britannique montre bien la détermination de May de maintenir une relation étroite avec Trump malgré les accusations de ses liens avec l’extrême droite. 




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