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Notre classe

« Climat de terreur et de crainte »

SFR : Une nouvelle vague de licenciements annoncée

Patrick Drahi, PDG d’Altice avait annoncé après son rachat de SFR en 2014 qu’il n’y aurait pas de licenciement massif pendant 3 ans. Son plan de licenciement de 3 000 salariés va maintenant pouvoir commencer.

En juillet dernier, le groupe annonçait la suppression de 5.000 postes d’ici 2019 sur la base notamment de « départs volontaires », donnant lieu à toutes sortes de pression managériales pour faire ‘volontairement’ fuir les employés.

Maintenant que le délai de trois ans est passé depuis le rachat de SFR par Altice, Drahi et consorts vont pouvoir s’en donner à cœur joie pour présenter un plan de licenciement, dans les règles de l’art, prévoyant 3 000 départs en plusieurs vagues. Licencier les travailleurs au compte gouttes, ou par petits groupes sur un temps assez long est une technique bien rôdée par le patronat puisque cela limite les réponses collectives et permet parfois, reste à voir la forme que prendra ce plan de licenciement, d’éviter un plan de sauvegarde de l’emploi, plus coûteux (même si cela est dérisoire par rapport aux bénéfices des actionnaires) pour le patronat.

Déjà, à la mi-septembre, les syndicats de la boîte avaient sorti un communiqué pour dénoncer le nombre d’entretiens préalables au licenciement chez SFR Distribution qui se multipliaient considérablement. Ce qu’ils dénoncent ce sont aussi les techniques managériales instaurant, en plus du plan annoncé, « un climat de terreur et de crainte [qui] s’amplifie » chez les salariés. Les syndicats en appellent aux employés pour faire remonter toutes les informations « pour faire reconnaître l’épuration de la masse salariale ».

Un plan de licenciement d’une telle ampleur, plongeant donc des milliers de salariés dans la précarité, va aussi avoir des impacts sur les « rescapés » qui devront assurer d’autant plus de tâches et seront soumis à encore plus de pression puisqu’ils devront effectuer le travail de leurs anciens collègues en plus du leur. Ces techniques managériales oppressantes, dans tous les secteurs et notamment ceux de la téléphonie, poussent des travailleurs dans la dépression, au burn-out, quand ce n’est pas au suicide.

Avec un chiffre d’affaires qui augmente en 2017 (+0,6 % au premier trimestre), le n°2 de la téléphonie, un opérateur qui investit massivement dans l’installation de la fibre pour redorer son image, compte donc engranger toujours plus en sacrifiant des milliers de salariés.

Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN / AFP




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