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Théorie marxiste

Quand, il y a un siècle, la révolution russe ébranlait le monde

#1917 – Back to the Future

Quand, il y a un siècle, la révolution russe ébranlait le monde

« Il y a peu de membres de la classe capitaliste qui voient venir la révolution. Ils sont pour la plupart trop ignorants, et il y en a beaucoup qui ont trop peur. C’est l’éternelle histoire d’une classe dirigeante qui est en train de disparaître, c’est une histoire qu’on a connue tout au long de l’histoire du monde. Gonflés de puissance et de possessions, enivrés par le succès, radoucis par la surabondance et la cessation de la lutte, les capitalistes sont comme les abeilles mâles qui se pressent autour des cuves de miel lorsque les ouvrières leur sautent dessus pour mettre fin à leur existence d’obèses. »
Jack London, Revolution (mars 1905).

Il y a 60 ans, le 7 janvier 1957, débutait la bataille d'Alger (II)

Colonialisme de l’Etat français, d’hier à aujourd’hui, d’aujourd’hui à demain…

Il y a 60 ans, le 7 janvier 1957, débutait la bataille d’Alger (II)

La « bataille d’Alger » qui a opposé à partir du 7 janvier 1957 pendant 9 mois la guérilla urbaine du FLN à l’opération de contre-insurrection menée par l’armée française, constitue un des principaux tournants de la guerre d’Algérie. Après avoir proposé dans la première partie de l’article quelques rappels historiques et rappelé l’importance du film de Pontecorvo de 1966 "La bataille d’Alger", nous revenons brièvement ici sur quelques enseignements plus politiques que l’on peut tirer à partir de cet épisode historique majeur.

Et toi… On t'exploite au travail ?

Izquierdia Diario

Et toi… On t’exploite au travail ?

Il n’est pas rare d’entendre des conversations entre travailleurs et travailleuses dans lesquelles les uns et les autres se demandent s’ils sont ou non exploités au travail ; les uns diront que non, les autres que oui. Ce qui est sûr, c’est qu’il existe au quotidien une vision tronquée de ce qu’est « l’exploitation », qui serait uniquement synonyme « d’abus » ou de « maltraitance », confusion générée par les patrons eux-mêmes.

Harvey : « Le néolibéralisme est un projet politique »

Mode de domination du capital

Harvey : « Le néolibéralisme est un projet politique »

Le géographe britannique David Harvey a publié en 2005 le livreA Brief History of Neoliberalism, qui a fait date dans le décryptage de ce nouveau mode de domination capitaliste. L’interview que nous reproduisons ici a été réalisée pour le site de la revue étatsunienneJacobinet traduit par Régine Vinon.

Fidel, le Che et le socialisme à Cuba

Démocratie ouvrière et populaire ou « Homme nouveau » ?

Fidel, le Che et le socialisme à Cuba

Réflexions autour de l’essai d’Ernesto Guevara, Le socialisme et l’homme à Cuba, à la suite de la disparition de Fidel Castro.

Etat, crise organique et tournants bonapartistes à l'ère Trump (I)

De Trump aux primaires de la droite : opérations plébiscitaires sur fond de tournants autoritaires

Etat, crise organique et tournants bonapartistes à l’ère Trump (I)

La victoire de Trump aux présidentielles américaines soulève beaucoup d’interrogations sur la situation internationale : qu’un milliardaire richissime, raciste, sexiste, xénophobe, homophobe, soutenu par le Ku-Klux-Klan etc. puisse occuper la fonction qui reste la plus puissante au sein de la géopolitique internationale, ne peut qu’interroger sur le monde qui vient. Après le Brexit, que beaucoup ne pensaient pas imaginable, cette victoire a fait l’effet d’un séisme encore plus profond. De quoi « le monde selon Trump » va-t-il être le nom… ? Mais la situation française de son côté a de quoi interroger tout autant, à l’aune du tournant autoritaire et réactionnaire qui s’enracine depuis deux ans, et de ce qui se profile déjà pour l’après-présidentielle. Plus conjoncturellement le phénomène des primaires, et bien sûr celle de la droite qui a quasi-plébiscité Fillon, opère comme un instrument de « régénérescence démocratique » profondément conservateur, illustrant en réalité la crise croissante des partis et médiations du même ordre, et l’ancrage d’un populisme revanchard.

Historical Materialism Londres 2016. « Limites, barrières, frontières » à l'heure du Brexit

Conférence internationale Historical Materialism 2016. Défis théoriques sur fond de crises politiques

Historical Materialism Londres 2016. « Limites, barrières, frontières » à l’heure du Brexit

Du 10 au 13 novembre s’est déroulée à Londres la treizième édition de la conférence internationale Historical Materialism, organisée par la revue du même nom. Le contexte dans lequel avait lieu cette conférence n’était évidemment pas sans influence sur l’ambiance comme le contenu de certains ateliers. Le Brexit et la crise du Labor Party, le mouvement français contre la loi travail ou encore la victoire de Donald Trump ont logiquement fait l’objet de débats entre les participants.

Révolution, contre-révolution et autoritarisme en démocratie bourgeoise. Retour sur Marcuse

Entre victoire de Trump et autoritarisme à la française… « relire Marcuse pour ne pas vivre comme des porcs »

Révolution, contre-révolution et autoritarisme en démocratie bourgeoise. Retour sur Marcuse

Herbert Marcuse, philosophe marxiste hétérodoxe, est né en 1898 et mort en 1979 en Allemagne, après avoir passé une part essentielle de sa vie, à partir de 1934, aux Etats-Unis. Son œuvre philosophique et politique s’est centrée sur les conditions de la révolution au XXe siècle à partir d’une enquête au long cours des formes de la contre-révolution, et en particulier les plus autoritaires. Elle mérite aujourd’hui, à l’heure d’une crise organique et d’une autodestruction croissante à l’échelle internationale de la démocratie bourgeoise, et d’une polarisation politique dont la toute fraiche victoire de Trump est une expression majeure, d’être attentivement relue, autant pour ses apports que ses limites.

Face à l'insubordination policière, l'illusion de la fraternisation

Peut-on convaincre des policiers de se mettre du côté des travailleurs, des jeunes, des personnes racisées ?

Face à l’insubordination policière, l’illusion de la fraternisation

Par leur forme, les manifestations de policiers (interdites, cagoulés, insubordonnées à leur hiérarchie et en grande partie à leurs syndicats) ont pu rappeler à certains militants contre la loi travail des éléments de leurs propres luttes. Comme si, partant du principe que l’on s’affronte à un système dans son ensemble, dont l’institution policière et ses membres ne sont que les défenseurs armés, l’actuelle insubordination policière illustrait l’ouverture d’une brèche, une occasion de convaincre les policiers du bien fondé de nos luttes ; de convaincre ces derniers de « passer de notre côté », dans ce qui ne serait en définitive qu’un pas de plus, une continuité, à partir de leur colère actuelle. Comme s’il y avait des ponts entre l’insubordination de ceux qui luttent contre ce système, et l’insubordination de ceux qui veulent, en réalité, qu’il soit encore pire. De multiples organisations se revendiquant du mouvement ouvrier, voire de la révolution, par exemple Lutte ouvrière, tendent à accréditer cette vision, dans un contexte où il est évident que prime une grande confusion, une désorientation importante sur cette question hautement sensible. Face à telle situation, l’ironie, à l’image de « L’Adresse aux manifestants sauvages de la police » de Serge Quadruppani relayé par Lundi Matin le 23 octobre, ne saurait tenir lieu de politique, d’autant que l’histoire nous a pourtant donné de nombreuses leçons sur ce point, qui vont radicalement à l’encontre de cette illusion. Nous revenons ici sur quelques moments de cette histoire.

Marxisme et écosocialisme

Deux ans après le meurtre de Rémi Fraisse à Sivens, et en pleins préparatifs répressifs à Notre Dame des Landes

Marxisme et écosocialisme

Dans cet article, paru d’abord dans la revue politique et culturelle argentine Ideas de izquierda (n° 12, août 2014, Juan Luiz Hernandez propose un compte-rendu de lecture l’ouvrage de Michaël Löwy Écosocialisme : L’alternative radicale à la catastrophe écologique capitaliste (Mille et Une Nuits, 2011). Avant tout courant de pensée visant à lier les principes de l’écologisme et du socialisme, l’écosocialisme part du constat fondamental que la protection d’un environnement favorable aux espèces vivantes, y compris la nôtre, le respect des équilibres naturels et la lutte contre la dégradation des écosystèmes au sens le plus large sont inconciliables avec le capitalisme, ce mode de production qui ne voit en l’homme comme la nature que sources de profit. En effet, la protection de l’environnement ne saurait passer ni par la création des capitaux dits « verts », ni des marchés des droits à polluer. Ce prétendu « capitalisme vert » n’est qu’un leurre. Mais on entend souvent dire que l’écologie politique n’est pas non plus inhérente au projet socialiste, et que les socialismes de la fin du XIXe et du XXe siècles étaient avant tout productivistes. Autrement dit, ils visaient le développement le plus poussé des forces productives sans se poser la question environnementale. En réalité, comme toute une série de travaux l’ont montré, la préoccupation d’un rapport rationnel à l’écosystème n’est pas absente des textes de Marx, de jeunesse comme de la maturité. L’écosocialisme s’efforce d’intégrer pleinement cette question au projet socialiste en préconisant une transition au socialisme fondée sur la protection de l’environnement dans laquelle les populations définiraient elles-mêmes démocratiquement les priorités.

Violences policières. Sur les tâches démocratiques du mouvement ouvrier

Antiracisme et classe ouvrière. A partir de l’affaire Guillaume Vadot, et de ce qu’elle révèle

Violences policières. Sur les tâches démocratiques du mouvement ouvrier

L’évolution de l’affaire Guillaume Vadot – camarade ayant été agressé le 22 septembre par la police alors qu’il filmait l’interpellation violente d’une femme Noire en gare de Saint-Denis – ainsi que son impact au plan médiatique, jouent en ce moment, de façon accélérée et à divers titres, de puissant révélateur. D’ores et déjà elle nous amène à devoir rediscuter du rôle des organisations du mouvement ouvrier relativement à la question, aujourd’hui au premier plan, de la défense des droits démocratiques.

Etat, dictature du prolétariat et communisme à l'Université Révolutionnaire et Internationaliste

[Video-Formation] #InternationalistCamp

Etat, dictature du prolétariat et communisme à l’Université Révolutionnaire et Internationaliste

La journée du dimanche 17 juillet de l’Université d’été Révolutionnaire et Internationaliste était consacrée aux débats sur le Parti et la révolution. Parmi les ateliers, l’un d’entre eux a abordé la question de « l’Etat, dictature du prolétariat et communisme ». L’introduction de l’atelier animé par Emmanuel Barot Enseignant-chercheur en philosophie, et membre de la direction du Courant Communiste Révolutionnaire est disponible ci-dessous en vidéo.

Le spectre de Machiavel (III)

Le social, le politique et le parti révolutionnaire

Le spectre de Machiavel (III)

« La voix de Machiavel est restée sans écho. » (Hegel, La constitution de l’Allemagne, 1802). Afin de compléter la relecture de Machiavel proposée dans les parties I et II de ce texte, on propose ici une brève cartographie de quelques-unes des principales interprétations qui en ont été proposées dans la constellation marxiste de la dernière période, et d’en indiquer quelques échos dans les débats sur la stratégie et le parti révolutionnaire existant aujourd’hui dans le marxisme et/ou la gauche radicale européenne.

Le spectre de Machiavel (II)

Révolte des Ciompi et au-delà. Base matérielle et inspiration militaire de la stratégie politique

Le spectre de Machiavel (II)

« Dans tous les cas, il faut toujours combattre même avec un désavantage marqué ; car il faut mieux tenter la fortune, qui, après tout, peut être favorable, que d’attendre par irrésolution une ruine certaine. Un général est alors aussi coupable de ne pas combattre que de laisser échapper, en tout autre temps, une occasion de vaincre, par ignorance ou par lâcheté. » Machiavel, L’art de la guerre, 1521

Le spectre de Machiavel (I)

Marxisme et stratégie : 500 ans après, relire Machiavel

Le spectre de Machiavel (I)

On a fêté en 2013 les 500 ans du Prince de Machiavel, et pourtant son spectre rôde encore. Dans le langage courant, on désigne par « machiavélique » un comportement ou une pratique amorale, cynique, brutale, s’auto-justifiant au moyen du principe selon lequel à n’importe quel prix « la fin justifie les moyens ». Rapidement mis à l’index par l’Eglise catholique, la pensée et l’œuvre de Machiavel ont été réduites à cette vulgaire interprétation « machiavélique » d’une justification immorale et brutale de la Raison d’Etat, et d’une toute-puissance accordée aux « princes » (hommes d’Etat détenteurs de l’autorité) en matière de gouvernement, de manipulation, de tromperie des peuples.
Dans les traditions de la philosophie ou de la science politique, qu’elles la défendent ou la condamnent, les réceptions de Machiavel purement et simplement de droite (de Tocqueville à Strauss ou Aron) ont en commun de rabattre le rapport prince-peuple sur un tel rapport descendant de berger à troupeau. Au contraire, pour les traditions républicaines (suivant Rousseau ou Spinoza) ou apparentées (Fichte, Hegel), Machiavel est celui qui a fourni aux peuples des clés fondamentales pour comprendre la logique du pouvoir, des armes cruciales pour la conquête de leur liberté contre l’arbitraire des princes. Machiavel, de plus, à l’orée du capitalisme naissant et au moment où commençait à se développer les « Etats-nations » modernes, a théorisé les conditions de l’unité étatique par laquelle un peuple devient nation, et commencé à affronter les questions centrales relatives à la souveraineté populaire.

Au sein du marxisme, depuis Gramsci qui prit la mesure de cette double interprétation pour la dépasser, il a aussi suscité des usages variés, de Claude Lefort à Althusser en passant par Antonio Negri. Alors que depuis la vague des Indignés, les mouvements et les révolutions arabes de 2001, révoltes, révolutions populaires et luttes de classes refont irruption sur la scène de l’histoire, les leçons de ce « solitaire » (comme dit Althusser) méritent d’être interprétées et de trouver leur place dans le marxisme stratégique dont les prolétaires ont besoin aujourd’hui pour ne pas reconduire les erreurs des dernières décennies. Cet article en trois parties est la version française de l’article « El fantasma de Maquiavelo » publié dans les numéros 8, 12 et 15 de la revue Ideas de Izquierda en 2014.