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Politique

L'élu a refusé de démissionner

« Trop d’arabes à Toulouse ». Face à la polémique, Moudenc vire Zonabend

Ce vendredi 4 mai, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a demis le conseiller municipal Aviv Zonabend de ses fonctions, qui avait déclaré sur les ondes d'une radio israélienne qu'il y avait « trop d'arabes » dans la ville rose.

Crédits photo : Actu Toulouse/M.R.

Il y a un peu moins d’une semaine, le conseiller municipal de Toulouse Aviv Zonabend s’était fendu d’une sortie islamophobe sur une radio israélienne, estimant qu’il y avait « trop d’arabes » dans la ville rose. Pris dans la tourmente, l’élu avait plaidé une erreur de traduction et refusé tout net de démissionner.

Face à la polémique, le maire Les Républicains  de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, avait ouvert une enquête, qui impliquait notamment une traduction des propos de Zonabend. Dans un communiqué, Moudenc explique ainsi que la traduction « confirme, hélas, ses propos tenus en hébreu comme relaté par The Times of Israël dans son article du 26 avril », faisant de fait tomber la défense fantasque de l’élu.

Zonabend a pourtant maintenu sa ligne, estimant « injuste » d’être taxé de « raciste » et refusant de démissionner, dans un texte publié par La Dépêche du Midi. Le maire de Toulouse a donc décidé de démettre le conseiller municipal de ses fonctions.

Dans cette affaire, significative du glissement islamophobe de tout un ensemble du champ politique, la décision de Moudenc ressemble à une mesure forte visant avant tout à éteindre l’incendie. En effet, que cela soit lors des épisodes de répression policière dans les quartiers du grand Mirail, ou concernant la politique de gentrification des quartiers populaires du centre ville, la politique de la majorité Les Républicains dans la ville rose est largement islamophobe. L’apparente fermeté du maire de Toulouse est donc avant tout une posture, qui cherche à masquer le racisme dont sa politique est profondément empreinte. Il suffit pour cela de voir comment les classes populaires sont reléguées hors du centre-ville, à commencer par les quartiers de Saint Cyprien, d’Arnaud Bernard et la rue Bayard.

En ce sens, l’affaire Aviv Zonabend, au-delà de son dénouement, est surtout éclairante sur le fond raciste et xénophobe qui marque l’ensemble de la politique menée par la droite française, à Toulouse comme ailleurs. Mais cela est également révélateur d’une situation politique globalement polarisée, où le tournant droitier et répressif du gouvernement et les nombreuses violences policières commises en toute impunité engendrent une décomplexion de la droite, depuis les sorties islamophobes de certains élus aux agissements de milices fascistes comme à Montpellier.




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