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Primaires démocrates 2016

USA. Clinton prête à devenir la candidate démocrate, Sanders promet de poursuivre le combat

Publié le 9 juin 2016

Les dernières primaires démocrates ont eu lieu mardi 7 juin dans de nombreux états comme la Californie, le New Jersey et au Nouveau Mexique. Hillary Clinton a ainsi franchi la barre du nombre de délégués nécessaires pour décrocher l’investiture pour l’élection présidentielle au congrès du Parti démocrate en juillet. Malgré l’avance insurmontable de sa rivale, l’autoproclamé socialiste Bernie Sanders s’est dit prêt mardi soir à poursuivre le combat pour la candidature jusqu’au bout.

Juan Cruz Ferre

Hillary Clinton est sortie gagnante en Californie, au Nouveau Mexique, dans le New Jersey et le Dakota du Sud. Sanders a gagné dans des états de moindre importance comme le Montana et le Dakota du Nord. A l’issue des derniers scrutins des primaires démocrates, Clinton avait clairement obtenu le minimum de délégués nécessaire pour devenir la candidate présidentielle officielle du Parti démocrate sans parler des nombreux super-délégués – représentants et dirigeants démocrates libres de soutenir le candidat de leur choix – qui lui avaient déjà promis leur soutien.

Même si l’illusion d’une victoire de Sanders s’est peu à peu évaporée parmi ses soutiens, les sondages prévoyaient jusqu’à très récemment une victoire éventuellement écrasante du candidat rouge en Californie. Cela aurait été une démonstration de force capable de remonter ses soutiens et de propulser sa campagne jusqu’à la conférence nationale démocrate. L’idée était surtout que Bernie Sanders pourrait utiliser sa victoire en Californie comme un levier pour forcer la plate-forme électorale de Clinton vers la gauche dans le cadre des élections en novembre.

Alors que, lundi 6 juin, le public avait les yeux rivés sur les scrutins du lendemain, l’Associated Press (AP), contre toute attente, a publié une déclaration reprise ultérieurement par l’ensemble des médias dominants selon laquelle Clinton avait déjà dépassé le nombre de délégués nécessaires, devenant de fait la candidate du parti démocrate. Ainsi, l’AP et les médias dominants ont permis à sa campagne de prendre une longueur d’avance, tournant les projecteurs sur elle dans les heures précédant la primaire californienne.

Cette manœuvre des médias en collaboration avec la caste dirigeante du Parti démocrate, a très probablement découragé de nombreux travailleurs et de jeunes qui comptaient voter pour Sanders. Elle a surtout imposé le « vote utile » en faveur de Clinton face au candidat républicain milliardaire et raciste Donald Trump. Le verdict hâtif de l’AP a été basé sur des entretiens réalisés avec des super-délégués qui avaient exprimé leur intention « sans équivoque » de soutenir Clinton. Selon leurs comptes, elle avait déjà les 2 383 délégués nécessaires pour se faire couronner à la conférence nationale du parti. Bien sûr, les super-délégués peuvent changer d’avis entre-temps, mais ce « petit » détail n’a pas dissuadé l’AP de proclamer la victoire inévitable de Clinton.

Sanders ne s’est cependant pas encore avoué vaincu. Devant une foule de ses partisans, il a promis de poursuivre le combat pour la nomination jusqu’à la fin de la conférence nationale en juillet. Il lui reste cependant très peu de tours à jouer, les modalités de nomination étant extrêmement anti-démocratiques chez les démocrates. Une victoire en Californie l’aurait rapproché de la victoire et aurait certainement exercé une pression sur un certain nombre de super-délégués, faisant éventuellement pencher la balance en sa faveur. Aujourd’hui, ce scénario semble plus qu’improbable. Il reste à voir comment les centaines de milliers de travailleurs et de jeunes qui ont vu dans la campagne de Sanders l’expression de leur colère réagiront à l’ouverture de cette nouvelle situation.