Jeunesse

Chronique de la journée

Un 17 mars réussi à Poitiers. La mobilisation se renforce

Publié le 18 mars 2016

Toute la semaine les étudiants de Poitiers ont opéré un tractage et un affichage massif sur le campus, toutes disciplines, pôles et sites confondus. Les initiatives se sont multipliées : piquet de grève dans le bâtiment Lettres et Langues, atelier banderoles et pancartes, « déjeuner sur l’herbe » avec cantine et concert... le but étant d’informer le plus grand nombre sur la loi, et surtout sur les actions du jeudi 17 mars : assemblée générale à 11h en amphi de Lettres et Langues, départ du cortège sur le campus à 13h30 (Rabelais), début de la manifestation 14h30 place d’Armes.

Correspondante

Jeudi matin, les étudiants se sont retrouvés à 80 vers 6h30 sur le campus afin de mettre en place un barrage filtrant. Le but : ralentir la circulation sur l’avenue principale de l’université, tracter et informer sur les événements de la fin de matinée et de l’après-midi.

Deux ronds-points ont été mis au pas de 7h à 10h30 : celui du centre équestre (étudiants avec le soutien de la CGT, FO, Solidaires, Sud) et de Rabelais (étudiants uniquement). À 8h les effets du blocage commencent à être ressentis : 45minutes à 1h de bouchon du centre ville au campus. Malgré l’attente, les automobilistes, tout comme les piétons, sont pour la grande majorité non seulement compréhensifs mais solidaires.

Pendant la matinée on peut également saluer le blocus de deux lycées : Victor Hugo et Louis Armand ; leur démarche étant assez rapidement menacée par leurs établissements respectifs, ils sont rejoints et soutenus par FO qui s’était d’abord rendue sur le campus.

Lors de l’assemblée générale à 11h, on dénombre entre 250 et 300 personnes : l’amphi est plein à craquer, c’est la première AG qui réunit autant de monde. Côté étudiants quelques organisations sont présentes : le NPA, les JC, l’UNEF, mais aussi des salariés syndiqués à Solidaires et à la CGT. Toutefois la très grande majorité des participants est non encartée. La prise de parole est libre, aucun porte-parole étudiant mais une adresse pour contacter l’AG : loitravail.poitiers@laposte.net.

L’enjeu de l’assemblée est la coordination de l’après-midi et l’annonce d’une mobilisation étudiante jusqu’au 31 mars. Une prochaine AG est également décrétée pour le 21 mars à 17h afin d’organiser la manifestation du 24.

Après l’AG, cantine sauvage. Les banderoles sont peaufinées avant le départ à 13h30 à Rabelais où entre 400 et 500 personnes sont réunies. Le cortège démarre à l’heure direction le centre-ville, escorté par deux motards. D’abord limitée à une voie, l’occupation investit la totalité de la route (sale journée pour les automobilistes poitevins...). En tête du cortège deux slogans : « on vaut mieux que la valeur, Grève sauvage », « Ils ont peur, ça prend de l’ampleur ! ».

L’ambiance est bon enfant, c’est l’instant provoc’ et catharsis. « Ça » pousse des cris, « ça » jette des pétards, il y a de l’euphorie dans l’air. Les riverains semblent apprécier le défilé, et tout comme le matin, on reste dans la bienveillance.

À l’arrivée à 14h30 place d’Armes il y a foule : de nombreux lycéens attendent mais aussi des salariés (Sud, Solidaires, CGT, FO). Le groupe se compose de 1000-1500 personnes selon la police, 3000 selon les organisations. Le parcours initialement prévu à quant à lui été modifié, élargi, ce sera le Grand tour de Poitiers. Les étudiants se réapproprient pleinement le mouvement et l’espace : première déroute pour la police. Les lycéens donnent de la voix, poursuivent et relancent le mouvement impulsé le matin.

Le convoi débute place d’Armes et se dirige successivement vers la place Notre-Dame, voie Malraux, rond-point de Paris, jusqu’à la gare. La gare, moment de flottement, de tension et de malaise palpable côté police ; le cortège pousse quelques mètres et choisi de faire demi-tour. Soulagement. Remontée vers la préfecture, retour au point de départ.

2h de cortège et 5 kilomètres plus tard, la manifestation se conclut sur une prise de parole de la CGT et des lycéens. Aucun débordement ni échauffement avec les forces de « l’ordre » à déplorer. Tout s’est très bien passé et pourtant rien n’a été sous contrôle.

Après la manifestation, les étudiants se sont réunis brièvement, satisfaits et conscients que rien n’est fini, que ce n’est qu’un début : il va falloir continuer à mobiliser et à réunir beaucoup de personnes jusqu’au 31. Des assemblées générales sont encore à prévoir, de nouveaux types d’actions également.