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Politique

Une retraite dorée

Un « chômage » de première classe pour les députés sortants

Ils n’étaient que 345 des 577 députés à oser se représenter. D’autre part, la victoire de La République En Marche aux législatives a largement reconfiguré le panorama de l’Assemblée nationale. Ce sont ainsi près de 60% des sièges qui seront occupés par de nouveaux députés. Une large partie des parlementaires qui ont siégé durant le quinquennat Hollande se retrouve donc au chômage. Mais pas de quoi s’inquiéter pour eux…

Les ex-députés bénéficieront d’une série d’avantages, qu’ils soient battus dans les urnes ou qu’ils ne se représentent pas. Tout d’abord, ils obtiendront une indemnité chômage particulière qui leur permet de gagner, durant jusqu’à trois années, leur salaire de manière dégressive. Durant les six premiers mois, ils toucheront donc l’intégralité de leur salaire soit 5782,66 euros net, puis 70% de leur salaire au 2ème semestre, et jusqu’à 20% au 6ème semestre. Il s’agit donc d’un régime bien particulier et très avantageux car en France en 2016, 70% des allocataires de l’assurance chômage ont été indemnisés moins d’un an et le montant moyen mensuel de ces dernières était de 1 058 euros.
 
En ce qui concerne la réintégration professionnelle, les anciens salariés du privé obtiendront une garantie de réintégration dans le même emploi ou un emploi analogue, s’il s’agit d’un premier mandat. Après plusieurs mandats, ce sera une priorité à l’embauche. Pour les fonctionnaires, ceux de moins de 60 ans se verront également immédiatement affectés vers un nouvel emploi. Ces derniers n’auront donc pas à se soucier de leur situation professionnelle, contrairement à la plupart des français qui vivent avec la peur d’un chômage qui atteint presque la barre des 10%.

Les ex-députés qui ont plus de 60 ans bénéficieront d’une retraite issue de la caisse des pensions des députés. Ainsi, les députés ne doivent cotiser que 31 ans, contre 40 pour un salarié pour obtenir une retraite.
 
De plus, la gratuité sur l’ensemble du réseau SNCF ainsi que le remboursement de 50% de six voyages en avion aller-retour par an en métropole seront offerts à ceux ayant plus de 18 ans d’ancienneté. Ils bénéficieront également, en tant que membres honoraires du Parlement, de l’accès au restaurant de l’Assemblée, et à l’ensemble du Palais Bourbon.
 
Tous ces privilèges, cumulés à ceux qu’ont eu les parlementaires tout au long de leur mandat, sont une nouvelle preuve de l’écart grandiose qui règne entre ceux qui sont censés nous représenter et ceux qui subissent les politiques que votent les premiers, entre ceux qui s’engraissent et ceux à qui on demande de se serrer la ceinture car le pays serait soit-disant endetté. Cette situation est vouée à s’aggraver avec le gouvernement Macron, qui nous expliquait il y a quelques semaines que quelqu’un au chômage ne pourrait pas refuser deux offres d’emploi, au risque de se faire couper les allocations, alors qu’aucun des députés de La République en Marche n’a connu la réalité du monde ouvrier.

Crédits photos : Assemblée Nationale




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