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Politique

Retour au calme vraiment ?

VIDEO. Pour défendre leur droit à manifester, des gilets jaunes forcent un cordon de CRS

Les médias font tout pour accréditer le récit du retour au calme, filmant en contre-plongée des rues "désertes" et des commerces ouverts, comme si rien n'avait lieu pour l'acte V, comme si cette journée n'était que le fruit de "casseurs." En réalité, la mobilisation de masse ne faiblit pas malgré le dispositif de sécurité, comme le montrent ces gilets jaunes qui n'hésitent pas à casser le cordon de CRS pour manifester et rejoindre les Champs-Elysées.

L’enterrement des gilets jaunes mis en scène par les médias

Tout est fait pour accréditer le récit du gouvernement d’une extinction de la mobilisation et du « retour à la normale », de la reprise en main par les forces de l’ordre et le gouvernement. Le désordre ne serait dû qu’à des « casseurs » acharnés ; et les semaines précédentes, rétrospectivement, n’auraient même pas eu lieu, ne seraient là aussi que des "mauvais" gilets jaunes, les "bons" étant restés chez eux.

En réalité, le gouvernement a tout tenté pour amputer, bloquer et paralyser la mobilisation. Et tous les coups sont permis : quitte à bloquer les voitures aux abords de Paris, aux péages. Entre les provocations multiples du gouvernement et les intimidations depuis le début de la semaine, allant jusqu’à l’instrumentalisation sordide des attentats, tout est bon pour en finir avec les gilets jaunes. Aujourd’hui encore on ne compte plus le nombre de cortèges bloqués et nassés, empêchés de se déplacer pour rejoindre d’autres cortèges, notamment sur les Champs. A tel point que des gilets jaunes n’ont pas hésité à casser le cordon de CRS pour se rendre sur les Champs.

Car, pour prévenir toute jonction des cortèges qui mettrait à mal le récit bien huilé d’un retour à la normale, les manifestants sont fouillés intégralement, leur matériel de protection confisqué, et les rues alentour des grandes places verrouillées. Le cortège de centaines de manifestants a ainsi été immobilisé plusieurs heures durant à Opéra, cerné par les chevaux de la police montée.

In fine, la stratégie est rodée, celle déjà mise en place la semaine dernière, accentuée, et encore renforcée : occulter les cortèges nassés partout dans Paris et les empêcher de se rejoindre, minimiser le nombre de manifestants, et faire passer la mobilisation des gilets jaunes pour le délire obstiné de quelques "casseurs" irréductibles, légitimant ensuite la répression qui s’abat en fin de journée et accréditant le récit d’un retour à la normale.




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