^

Jeunesse

La Coordination Nationale Etudiante dénonce la répression policière

Communiqué de la CNE : Ni chair à patrons, ni chair à matraques ! (30 avril)

Photo : Martín Noda

lundi 2 mai 2016

Communiqué de presse de la coordination nationale étudiante (30/04/2016)

Depuis deux mois, le mouvement étudiant s’organise contre la loi travail, dans la rue, les universités et au sein de la coordination nationale étudiante, qui s’est réunie pour la 5ème fois à Paris ce week-end. Tout au long de cette mobilisation, la violence de la répression n’a fait que croître.

Sur le plan scolaire d’abord, l’administration pénalise les étudiant.e.s mobilisé.e.s par le refus de levée d’assiduité et de report d’examens les jours de mobilisation : cela touche particulièrement les étudiant.e.s boursier.e.s. D’autre part, dans les facs elles-mêmes, lieu d’organisation du mouvement étudiant, la répression a lieu. Sujettes régulièrement à des fermetures administratives, elles deviennent le cadre de patrouilles de vigiles ou compagnies de sécurité privées et d’interventions policières brutales, brisant de fait la franchise universitaire, pour empêcher l’auto-organisation des étudiant.e.s en AG.

La CNE exige le respect du droit de grève pour chaque étudiant.e par la mise en place de dispense d’assiduité, et condamne fermement la présence policière au sein des universités.

A cette répression sur les campus s’ajoutent les violences policières subies dans la rue.

Chaque journée de mobilisation compte son nombre de blessé.e.s. Pour quiconque ayant participé à une manifestation contre la loi travail, il est clair que la police agit pour blesser, intimider et faire taire le mouvement social. L’usage massif d’armes, telles que les gaz lacrymogènes, les grenades de désencerclement et les flashballs, blesse et mutile. Encore, jeudi dernier à Rennes, un étudiant a perdu un œil par un tir de LBD (lanceur de balle de défense). Par ailleurs, les manifestant.e.s de Nantes ont vu réapparaître la pratique, disparue depuis la mort la Malik Oussekine, des voltigeurs (policiers en civil, à motos, armés de matraques). On a même vu, à Strasbourg, l’armée de terre intervenir lors d’une manifestation. A tout cela se mêlent intimidations et insultes à caractère raciste, homophobe et sexiste, notamment lors de contrôles arbitraires en début et fin des manifestations.

La CNE demande l’arrêt de l’usage des grenades de désencerclements, du LBD 40 et du flashball, qui dans leur usage réel, sont des armes létales. Elle appelle en outre toutes et tous à s’organiser afin de prendre soin de soi et des autres lors des manifestations (s’équiper : sérum, foulard, voire si la violence de la répression le rend nécessaire : masques de plongée, casques...).

Les violences policières se prolongent aussi par une répression judiciaire d’une rare intensité, comme les milliers d’interpellations et les centaines d’inculpations en témoignent. De nombreux procès ont déjà eu lieu avec leur lot de condamnations : travaux d’intérêt général, contrôle judiciaire, amendes, interdiction d’accès aux centres villes, voire prison ferme, et beaucoup d’autres restent à venir. Nous craignons que d’aussi lourdes peines n’en viennent à se généraliser à toute forme de contestation politique.

La CNE réclame la relaxe de tous nos camarades inculpé.e.s et l’abandon de toutes les poursuites en cours.

Cette impunité de la violence des pouvoirs publics est largement permise par un traitement médiatique qui, au mieux, omet l’ampleur de la répression, au pire, la légitime en brandissant l’épouvantail des « casseurs ». Il est intolérable qu’une voiture brûlée ou une vitrine brisée déclenche plus d’indignation que la mutilation d’un étudiant.

La répression ne nous arrêtera pas !




Mots-clés

Loi El Khomri   /    Violences policières   /    Jeunesse