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Jeunesse

D’après un rapport de l’UNEF

39 universités et 379 licences pratiquent une sélection illégale

Le dernier rapport du syndicat étudiant UNEF est accablant. Au total, ce sont 39 universités et 379 licences qui pratiquent une sélection en toute illégalité. Des chiffres en hausse par rapport aux années précédentes.

Crédit photo : "Ma salle de cours va craquer"

Alors qu’une concertation à l’initiative du gouvernement concerne notamment l’instauration de prérequis à l’entrée à l’université, un rapport du syndicat étudiant UNEF publié ce mercredi 19 juillet prouve ce que nous savions déjà : la sélection sur critères, avec « prérequis », à l’université est bel et bien pratiquée illégalement, et ce depuis plusieurs années, par un certain nombre d’établissements qui n’ont pas attendu l’issue des discussions pour passer à l’offensive.
Plus précisément, dans son enquête annuelle l’UNEF cible trente-neuf universités qui, selon elle, contreviennent déjà au droit de tout bachelier d’accéder au premier cycle universitaire sans barrière ; ainsi, 379 licences pratiquent une sélection illégale, contre 336 répertoriées en 2016. Des chiffres en hausse, qui s’inscrivent dans la suite logique de la casse et d’autonomisation des universités, ouvrant un peu plus la porte à « la course aux financements » et à la fusion des universités.

« Economie-gestion et anglais », « Histoire et science politique », « droit et langues étrangères appliquées »… De plus en plus nombreuses, ces « double-licences » correspondent à des cursus « sélectifs » dits « d’excellence ». En effet, elles sélectionnent sur dossier, sur entretien, ou demandent certains prérequis. Par exemple un niveau minimum d’équitation est exigé pour intégrer le parcours « Métiers des activités équestres » d’une licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), illustre l’UNEF dans son enquête.
Et ce dans un contexte où les premières filières à subir des coupes budgétaires sont évidemment les formations de licence générale, excluant de fait une grande partie des bacheliers de l’enseignement supérieur, comme le montre encore les 87 000 « sans facs » répertoriés, toujours sans affectation à la mi-juillet.

La rentrée 2017 ne dérogera donc pas à la règle qui régit l’université depuis plusieurs années. Amphithéâtres surchargés, étudiants laissés sur le carreau et, bien entendu, une pléiade de déclarations libérales appelant à des mesures drastiques pour réduire les dépenses et les effectifs sur les campus. Ce modèle ne peut qu’engendrer un surplus de précarité dans le milieu estudiantin, alors qu’une majorité des étudiants sont déjà victimes de ce fléau et doivent travailler à côté de leurs cours pour survivre. Et avec les attaques à venir, le gouvernement Macron-Philippe cherche à généraliser la sélection déjà à l’œuvre dans de nombreux établissements, comme le révèle le rapport.

Pour enrayer la machine, les étudiants - dont une majorité est déjà obligée de se salarier à côté des cours pour subvenir à leurs besoins - ont besoin d’un plan de bataille. Et comme au printemps 2016, ils ont tout intérêt à organiser la convergence avec les travailleurs. Le monde du travail dispose en effet d’une première date de mobilisation contre la loi travail XXL, le 12 septembre prochain, qui reste à construire et doit servir de point d’appui pour faire plier le gouvernement sur tous les tableaux.




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