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Politique

Justice de classe

4 salariés condamnés au sursis au procès d’AirFrance : une condamnation politique

Quatre ex-salariés d’AirFrance, tous affiliés à la CGT, ont été condamnés en appel à des peines de prison avec sursis pour l’affaire de la « chemise arrachée » datant du 5 octobre 2015. Le DRH d’AirFrance de l’époque, Xavier Broseta venait alors d’annoncer un plan de compétitivité et de suppression d’un plus d’un millier d’emploi. La décision de justice, très politique, a été saluée par la direction de la compagnie qui traverse depuis plusieurs mois un nouveau vent de contestation sociale.

Crédits photo : Patrick Nussbaum

Les quatre ex-salariés d’AirFrance, travaillant au sol dans la maintenance, avaient déjà été licenciés. Mais comme si la peine et la violence de la perte d’emploi ne suffisait pas, la Cour d’appel a confirmé les peines de prison avec sursis infligées par le tribunal correctionnel de Bobigny en novembre 2016 pour trois d’entre eux. Pour le quatrième, relaxé à l’époque, c’est le parquet, autrement dit l’Etat, qui a demandé à ce qu’il soit rejugé : et il écope lui aussi d’une peine de prison de 3 mois avec sursis. Un véritable acharnement, une décision politique, qui montre la continuité dans la répression du mouvement social entre l’ère Hollande et l’ère Macron.

Bien entendu, la direction d’AirFrance, à quelques jours d’un référendum validant à la majorité la position des personnels en faveur de la grève et des augmentations salariales revendiqués par les organisations syndicales, se dit soulagée. Car il s’agit bien de faire un exemple, alors que la direction de transition, mise en place après le départ de Jean-Marc Janaillac, ex-PDG d’AirFrance-KLM, compte étouffer la contestation sociale. Cette décision donne le ton de la bataille qui se poursuit à AirFrance : criminaliser la contestation sociale, isoler les syndicalistes combattifs à l’image des militants CGT… le message est envoyé. Du côté des salariés d’AirFrance, l’enjeu est de rester fort et uni contre les régressions sociales imposées depuis plusieurs années par l’entreprise et contre la répression. Pour arracher la victoire des hausses des salaires à défaut d’avoir remporter celle de la chemise !




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