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Jeunesse

Contre l’augmentation des frais d’inscription

600 personnes en Assemblée Générale à l’Université de Paris 8 sur les frais d’inscription

Une première journée de mobilisation réussie à l’Université Paris 8 – Saint Denis qui en appelle d'autres.

Edouard Philippe a annoncé la semaine dernière l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers venant de pays extra-européens. Ceux-ci seront tout bonnement multipliés par 16 à la rentrée 2019. Cette annonce a eu l’effet d’un tremblement de terre à l’université Paris 8, qui est celle dans laquelle étudient le plus d’étrangers en France : plus d’un étudiant sur 5 n’est pas de nationalité française.

Toute la semaine, tout le monde ne parlait que de ça. Ce qui inquiète c’est d’abord la possibilité que d’ici quelques mois une grande partie des étudiants étrangers aient à choisir entre quitter le pays ou vivre et étudier dans des conditions encore plus désastreuses, pour ceux et celles qui en auront les moyens. D’autant que venir étudier en France représente déjà un cout très élevé. Abdenour, étudiant Algérien en Master 2 nous livre dans une interview accordée à Révolution Permanente : « Il faut dire aussi que pour avoir un visa d’études, il faut justifier d’un minimum de 675 € par mois, c’est à dire aux alentours de 7000 € pour pouvoir déposer une demande de visa d’études. S’il faut maintenant rajouter à cela les 2770 € pour la licence ou les 3770 € pour le Master, cela fait aux alentours de 10 000 €. Il faut vraiment se représenter cette somme-là. Par exemple pour le dinar algérien cela revient à 2 millions de dinars. Sachant que là-bas le SMIC est à 18 000, cela représente donc en tout 111 mensualités. Soit 10 années de travail sans rien débourser. ».

Pour protester contre cette attaque et tenter de s’organiser, les étudiants s’étaient donné rendez-vous à midi pour un rassemblement sur la fac. Après quelques prises de paroles d’étudiants étrangers, une manifestation au son de « Macron démission, pas d’frais d’inscription » et « P8, debout, soulèves toi » est partie dans la fac, dans l’objectif de faire sortir les gens de classe pour être le plus nombreux possible à l’Assemblée Générale. Ce sont donc au final plus de 600 personnes qui se sont réunies dans une ambiance de mobilisation. Plusieurs interventions d’étudiants étrangers sont revenues sur la nécessité de lancer une grande mobilisation à Paris 8 et de s’adresser aux autres universités pour que la lutte se généralise.

À l’issue de l’Assemblée Générale, il a notamment été voté de participer à la manifestation de samedi 1er décembre avec le Comité Justice et Vérité pour Adama, les cheminots et les travailleurs de l’AH-HP et du travail social. Une nouvelle Assemblée Générale sera organisée mardi 4 décembre. D’ici-là, les étudiants sont déterminés à élargir les rangs de la mobilisation, et des assemblées sont en train de s’organiser dans tous les départements afin d’informer et d’entrainer le plus d’étudiants, de personnels administratifs et enseignants dans la lutte.

Ce début de mobilisation arrive dans un contexte d’ébullition dans tout le pays contre la vie chère, les bas salaires, le manque de services publics et plus généralement contre la politique de Macron. Le mouvement étudiant, s’il entre en scène, pourrait rapidement faire peur au gouvernement et le contraindre à reculer. Pour cela il faut chercher à l’élargir à tous les étudiants et travailleurs de l’université quelle que soit leur nationalité, mais aussi qu’il se donne les moyens de converger avec la colère populaire qui est en train de s’exprimer à travers le mouvement des gilets jaunes. Contre cette attaque, qui touche aujourd’hui les étudiants étrangers mais qui prépare sans aucun doute la voie à une augmentation généralisée des frais d’inscription, un mouvement de masse pourrait s’amorcer dans les universités. Un tel mouvement ne concernerait pas que les étudiants, mais l’ensemble des travailleurs, chômeurs, retraités qui défilent aujourd’hui avec ou sans gilets jaunes et qui ont tout intérêt à ce que l’université et l’éducation soit gratuite et ouverte à toutes et tous.




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