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Politique

Sympa, le ministre de l’Intérieur !

A Notre-Dame-des-Landes, Collomb « veut éviter qu’il y ait des morts »

Faut-il construire un aéroport à Notre-Dame-des-landes ? Les experts qui ont rendu leur rapport mercredi ne disent ni oui, ni non. Ce dont le Premier flic de France, Gérard Collomb, est persuadé, en revanche, c’est qu’il faut évacuer les Zadistes. Mais « sans faire de mort », dit-il. C’est trop aimable.

Un nouvel aéroport à 20 kilomètres de Nantes ou agrandir celui qui existe déjà au sud de la ville ? Les experts rendaient leur rapport mercredi, pour ce projet-serpent-de-mer dont Macron ne sait comment se débarrasser. Mais il n’y a pas seulement une question de gros-sous pour les bétonneurs. L’Etat ne veut pas perdre la face, indépendamment des alternances politiques.

Du coup, même si l’agrandissement de l’aéroport de Nantes coûterait entre 415 et 545 millions d’euros, soit moitié moins que la construction de celui de NDDL ; que les mêmes zones déjà exposées au bruit le seraient en cas d’agrandissement de l’aéroport sans augmentation des nuisances sonores ; que l’agrandissement de l’aéroport de Nantes entraînerait l’émission de 1660 kilotonnes de CO2, contre 1850 pour NDDL ; ou encore que l’agrandissement de la zone aéroportuaire nantaise n’aurait pas de conséquences sur les populations d’oiseaux protégés qui vivent près des pistes alors que ce seraient 1200 hectares de bocage et de prairies qui disparaîtrait en cas de construction à NDDL ; les experts ne savent toujours pas vraiment s’il faut construire un ou pas.

Gérard Collomb, lui, a davantage de clarté d’un point de vue politique : il n’aime pas les Zadistes et veut les virer. Interrogé sur France Info, le ministre de l’Intérieur a reconnu qu’une évacuation serait risquée, mais il s’est tout de même voulu confiant. Parlant de lui à la troisième personne du singulier, tel un CRS qui tutoie sa matraque et l’appelle par un petit nom, voilà que Collomb a constaté qu’il fallait « toujours réaliser les choses avec sang-froid, sans se laisser emporter (...) le ministre de l’Intérieur gérera avec sang-froid, en évitant qu’il y ait des morts, et en appelant au calme de part et d’autre} ». La mort de Rémi Fraisse, à Sivens, est dans toutes les mémoires. La leur, également. Mais le gouvernement préfère évacuer, pour ne pas perdre la face, et quand bien même le projet d’aéroport ne verrait pas le jour. Et la gendarmerie aura reçu pour instruction d’éviter les morts. De qui se moque Collomb ?




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