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Notre classe

Convergence des luttes

A l’université Paris 8, une soirée de soutien aux cheminotEs du Landy et aux éxiléEs

Ce mercredi 23 mai une fête de soutien aux cheminotEs du technicentre du Landy (Saint-Ouen et Saint-Denis) est organisée à la fac de Paris 8 (métro Saint-Denis Université sur la ligne 13) par le Collectif Féministes Révolutionnaires et les étudiantEs de Paris 8.

Situé entre Saint Denis et Saint Ouen dans le 93, le Landy est un Technicentre de la SNCF qui assure la maintenance de tous les trains au départ de gare du Nord, hors Transilien. Il entretient le matériel roulant 7j/7 et 24h/24. Le maintien du matériel SNCF par une centaine d’employé.e.s sur une gare aussi importante représente un poste central pour assurer chaque jour les services de transport à des centaines de milliers de travailleurs/euses francilien.ne.s. Sur ce site, une grève reconductible de quelques jours suffit à mettre en branle tout le système de transport, et impose un rapport de force au gouvernement Philippe en faisant la démonstration que les cheminot.e.s ne sont pas de simples variables d’ajustement de l’appareil productif qu’ils irriguent tant par le transport de matériel que de personnes mais des agents subjectifs, dotés d’une volonté propre.

La grève perlée a déjà montré ses limites pour les conducteurs de train, mais elle est peut-être encore plus contraignante pour un site tel que le Landy où le calendrier des jours de grève permet d’organiser à l’avance les journées de travail de manière à ce que le matériel soit entretenu quoiqu’il arrive. Pourtant, les cheminot.e.s du Landy sont de plus en plus nombreux.ses à souhaiter chambouler ce calendrier, voire à partir maintenant en reconductible. C’est pourquoi plus que jamais, pour tenir la grève, pour partir en reconductible, les cheminot.e.s du Landy ont besoin de soutien ! Un soutien d’abord financier, car dans une grève, l’argent demeure bien sûr le nerf de la guerre. Quand on est parfois seul.e à payer le loyer, quand on a une famille à charge, tenir la grève, partir en reconductible, représente un effort financier de taille. Mais un soutien également moral, de la part des autres secteurs en lutte, pour montrer que la bataille du rail est une bataille commune contre la casse de nos acquis sociaux et pour un autre projet de société.

C’est ce que des étudiantes de l’université de P8 (Saint-Denis) et féministes membres du Collectif Féministes Révolutionnaires (CFR) ont tenté de faire depuis plusieurs semaines en venant régulièrement discuter avec elles et eux sur le piquet de grève et dans les AG du Landy. Une manière de dire que nous, étudiant.e.s et féministes, soutenons les cheminot.e.s car on sait que la Loi ORE, la réforme de la SNCF, la loi Asile et Immigration, sont des réformes cohérentes qui ont pour but de nous attaquer sur tous les fronts pour nous précariser et nous atomiser davantage. Pour répondre uni.e.s contre ces attaques, il faut créer dès maintenant des solidarités sur le terrain. Mais les réformes qui touchent largement, touchent rarement tout le monde de la même manière. Ce sont les plus vulnérables : femmes et minorité de genre, personnes racisées, enfants issues des milieux populaires qui seront les plus impactées par ces réformes. A contrario de tous les stigmates que la propagande gouvernementale fait régulièrement peser sur le sexisme présupposé des hommes racisés et/ou issus des classes populaires, c’est justement le fait que des étudiantes féministes qui leur soient venues en soutien qui a le plus réjouis les cheminots, peu habitués à être considérés comme un public légitime par ce qu’ils voient du féminisme d’Etat majoritairement relayé par les médias.

Et c’est également pour cette raison que les étudiant.e.s mobilisé.e.s de Paris 8 et les membres du Collectif Féministes Révolutionnaires ont pris l’initiative d’organiser une fête de soutien aux cheminot.e.s du Landy à l’université de Saint-Denis ce mercredi 23 mai à partir de 18 heures et jusqu’à minuit. L’université de Saint Denis est aussi un lieu d’occupation pour des dizaines de migrant.e.s depuis le début du mois de janvier, ce qui en fait certainement un des cas de convergence des luttes les plus emblématiques de cette année. Tout l’argent récolté par la vente de boissons et repas sera reversé pour moitié à la caisse de grève des cheminot.e.s et pour moitié à la caisse de soutien des exilé.e.s de Paris 8. N’hésitez donc pas à venir soutenir la grève et l’occupation des exilé.e.s et à passer une soirée conviviale sur les pelouses de la fac.

Evènement Facebook ici : https://www.facebook.com/events/201032327178706/




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