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Politique

Libération pour tous les inculpés d'Aulnay

Les policiers violeurs de Théo sont en liberté mais des jeunes ont pris six mois ferme pour ’embuscade’

Ce mercredi, deux jeunes, interpellés dans la nuit de lundi à mardi, après les affrontements survenus suite au viol de Théo, ont été condamnés à 6 mois de prison ferme par le tribunal de Bobigny. Jugés en comparution immédiate pour la plupart pour des faits « d’embuscade », les 6 majeurs n’ont pas eu à attendre bien longtemps avant d’être condamné à des peines allant de la prison ferme au sursis et une relaxe. La justice qui selon Hollande « fait son travail » a décidé de taper vite et fort pour faire taire ceux qui, après le viol de Théo, ont manifesté une colère légitime. En ce qui concerne les 4 policiers, certes mis en examen, l’un pour viol, pour les 3 autres pour « violences volontaires en réunion », ils courent toujours. D’un côté, des violences policières filmées, un viol avéré. De l’autre, une « embuscade » … et six mois de prison ferme. Qui a dit justice de classe et impunité policière ?

Damien Bernard

Au total, ce sont vingt-six personnes qui ont été arrêtées dans la nuit de lundi à mardi, lors des affrontements qui ont suivi le viol de Théo. Dix-sept d’entre eux étaient jugés ce mercredi. Parmi eux, six personnes majeures ont été jugées, en comparution immédiate. Jugé pour embuscade, la justice leur reproche d’avoir « attendu un certain temps les fonctionnaires de la police nationale dans le but caractérisé de commettre à leur encontre (...) des violences avec usage ou menace d’une arme, en plongeant le quartier dans l’obscurité, amassant pierres et divers projectiles, et ce en réunion ».

Deux jeunes ont été condamnés à 6 mois de prison ferme sans mandat de dépôt, ce qui signifie que leur peine est aménageable. Trois autres ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Jugé plus tôt, le sixième jeune, jugé pour des faits « d’attroupement avec arme et de violences volontaires », en l’occurrence « des jets de pierres » contre les forces de police, a été relaxé. Onze mineurs ont été présentés au juge des enfants pour « embuscade ». Ils ont été placés sous le statut de témoin assisté.

Vous avez dit 2 vitesses ?

Deux poids deux mesures. Non seulement, la justice a tapé fort, mais elle a tapé très vite. Six mois de prison ferme, et ceux seulement 3 journées après leur interpellation suite aux affrontements qui suivent le viol de Théo. Cette réponse expresse de la justice tranche avec la « compassion » mise en scène par François Hollande et les déclarations gouvernementales, notamment du ministre de l’intérieur qui condamnait à l’Assemblée des « faits d’une gravité évidente ».

Après que les forces de polices aient quadrillé le terrain, à grand coup d’hélicoptère, et tir « en direction du ciel », la justice frappe un grand coup. Le tribunal de Bobigny a suivi les réquisitions de la procureure en condamnant les manifestant à des peines allant de 8 mois de prison avec sursis à six mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Du côté des agresseurs, aucune date n’a pour le moment été fixée en ce qui concerne les 4 policiers. Signe que la justice a d’autres priorités…

Faisons Front contre l’impunité policière

La justice emboite le pas au gouvernement. Cette dernière a tenu à ce que le contexte actuel n’empiète pas sur les condamnations. Il est « hors de question de justifier ces comportements de violence », a martelé la magistrate qui n’a pas prêté foi à ces justifications. Il est bien aisé de séparer les causes de l’incendie, de l’incendie lui-même. Il s’agit donc pour cette justice de taper fort pour enlever toute velléité de mobilisation, de solidarité avec Théo, qui nous le rappelons est l’agressé. Une fois de plus, la justice renverse l’accusation.

Tandis que la solidarité s’organise autour de Théo pour imposer que justice soit faite, c’est un autre combat qu’il s’agit d’adjoindre à savoir la libération immédiate et la relaxe pour tous les inculpés et condamnés. A nous de faire front contre le racisme institutionnel des contrôles au faciès et contre les violences policières, pour imposer que toute lumière soit faite sur « l’affaire Théo ». Tous ensemble, exigeons que justice soit faite et que les forces de police se retirent des quartiers occupés. Pour cela, une nouveau rassemblement de solidarité est prévu ce samedi.




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