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Allemagne. Impunité pour les crimes policiers

Publié le 25 octobre 2016

Au mois de juillet dernier, un homme de 33 ans, André, a été tué par la police, parce qu’il aurait vendu du cannabis. Le policier n’a pas été sanctionné.

Peter Robe, Klasse Gegen Klasse

« Il n’y aura pas d’accusation. Tu ne devra jamais répondre de tes actes devant un tribunal, ni affronter mes yeux en larmes. Tu as simplement rejeté toute responsabilité. Et les autorité t’ont soutenu. Tu n’avais pas le droit de me prendre mon enfant. »

Ce sont les mots de Lilia Bochhart, mère d’André Borchhart dans une lettre adressée au policier coupable du meurtre de son fils. Ce dernier a été tué par balle le 25 juillet dernier, dans une rue de Burghausen, petite ville à la frontière de l’Autriche. Deux policiers en civil avaient tenté de l’arrêter pour trafic de drogue. Alors qu’aux dires de la police, il tentait de fuir, des coups de feu ont été tirés.

Sur les méthodes d’enquête de la police, que l’on pourrait questionner, et le déroulement des faits, Lilia Borchhart déclare la chose suivante :

« Tes collègues ont enquêté deux fois sur les lieux du crime. Une fois juste après le meurtre. La deuxième fois seulement plusieurs mois après. Personne n’a pu me dire pourquoi. Les témoins, des enfants, ont été interrogés trois fois. Chaque fois, ils disaient quelques chose de différent. Je ne sais pas à quoi cela est dû, peut-être parce qu’ils sont très jeunes, qu’ils sont manipulables […] Ils ont tous parlé d’un premier tir de sommation. Ensuite, tu aurais crié « stop ». J’ai les dossiers, Michael. Je sais qu’ils se sont écoulées au moins deux secondes entre les deux tirs. Il y a des témoins. Comment peut-on en rester là ? »

Les habitants aussi ont exprimé de nombreux doutes quant-à la version officielle des policiers. Quelques jours après, une manifestation de solidarité a eu lieu, sous le mot d’ordre « non aux violences policières ». Elle a été escortée de 120 forces d’intervention, hélicoptères et chiens de police.

Dans la lettre citée plus haut, adressée aux policiers qui ont tué André, la mère de ce dernier termine ainsi :

« Ce n’est pas uniquement ta faute. C’est aussi celle du gouvernement allemand, de nos soi-disant représentants, qui n’ont pas légalisé le cannabis et ont autorisé que mon fils soit tué sur un simple soupçon. A cause du cannabis. Légalisez-le ! Que plus jamais une mère ne doivent enterrer son enfant. »

Ce cas est un exemple des nombreuses victimes que cause chaque année la criminalisation et la répression du cannabis et des autres drogues en Allemagne. L’Etat dépense des millions pour équiper la police pour la « lutte contre les trafics de stupéfiants », mais ce marché illégal s’étend de plus en plus et le nombre de victimes de violences policières aussi.