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Tensions Corée du Nord / USA

Après des semaines d’escalade, Pyongyang prêt à calmer le jeu ?

Alors que depuis deux semaines la tension est à son comble entre la Corée du Nord et les USA, Pyongyang a fait un premier pas pour calmer le jeu dangereux de l'escalade verbale engagé entre les deux régimes.

Crédit photo :ARCHIVES REUTERS

Après avoir inspecté lundi le commandement de la Force stratégique chargée des unités balistiques et consulté un « plan visant à cerner Guam par le feu », ce mardi 15 août, Kim Jong-Un a déclaré qu’avant de décider de l’avenir de tirs de missiles près de l’île de Guam, il fallait « observer encore un peu le comportement idiot et stupide des Yankees ». Ainsi, il crée l’opportunité d’une détente entre la Corée du Nord et les USA. Il est particulier que ce soit celui que l’on présente comme un fou qui face ce premier geste et non pas le président de la plus grande puissance au monde. Malgré tout, le dirigeant nord-coréen a confirmé qu’il n’hésiterait pas, si les Américains « persistent dans leurs actions irresponsables et dangereuses dans la péninsule coréenne », a prendre des mesures « telles que déjà annoncées ». Kim Jong-Un a déclaré qu’ « afin de désamorcer les tensions et d’empêcher un dangereux conflit militaire dans la péninsule coréenne, il est nécessaire que les États-Unis décident les premiers une option appropriée. »

Ces manœuvres militaires entre les États-Unis et leurs alliés sud-coréens, qui doivent débuter le 21 août, ont toujours été dénoncées par la Corée du Nord qui a exigé l’arrêt de cette coopération dans les négociations. De fait, selon le dirigeant nord-coréen, « les États-Unis, qui ont été les premiers à acheminer près de nous de nombreux équipements nucléaires stratégiques, devraient prendre en premier lieu la bonne décision et montrer par leurs actions s’ils souhaitent apaiser les tensions sur la péninsule coréenne et empêcher un affrontement militaire dangereux ».

Depuis ce week-end, les États-Unis tentent d’écarter l’idée d’une guerre immédiate. Ray Tonorio, lieutenant-gouverneur de l’île de Guam a expliqué que pour lui, « il semble n’y avoir aucune indication, d’après ce que l’on sait, sur une attaque de missile dans un avenir proche ou dans un avenir lointain ». George Charfauros, conseiller à la sécurité intérieure de Guam, a formellement contredit des informations de CNN selon lesquelles des satellites espions américains avaient détecté le déplacement d’un lance-missiles mobile par la Corée du Nord en vue d’un tir éventuel. C’est « juste une démonstration de force » à l’occasion de la commémoration de la libération de la péninsule coréenne du règne colonial japonais en 1945, a-t-il dit. « C’est peut-être juste une ruse. Aujourd’hui est une journée historique pour la péninsule coréenne. C’est leur journée de la Libération […] La Corée du Nord a tendance à se servir des symboles dans son processus de prise de décision ». Le ministre de la Défense James Mattis et le secrétaire d’État Rex Tillerson ont même dit dans le Wall Street Journal que les États-Unis « ne visent pas » un changement de régime à Pyongyang. Des déclarations qui ont été saluées par Pékin qui joue un rôle actif dans la désescalade entre les USA et la Corée du Nord, car le déclenchement d’une guerre entre les deux pays obligerait la Chine a renter dans le conflit pour défendre ses intérêts dans la région.

La Chine a déclaré mardi que la crise autour du programme nucléaire de la Corée du Nord était à un « tournant », jugeant qu’il était désormais temps de revenir à la table des négociations. Hua Chunying, directrice adjointe du département de l’information du ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, a déclaré : « Nous sommes à un tournant pour faire preuve de résolution et reprendre les négociations de paix ». Pékin n’a de cesse de rappeler une reprise des « pourparlers à six » interrompus depuis 2009. Les six pays concernés sont la Chine, les États-Unis, la Russie, le Japon, la Corée du Nord et la Corée du Sud. Cette dernière est intervenue dans le conflit verbal à travers son président, Moon Jae-In, pour dire que Séoul voulait à tout prix éviter une nouvelle guerre. « L’action militaire sur la péninsule coréenne ne peut être décidée que par la République de Corée et nul ne peut décider d’une action militaire sans le consentement de la République de Corée ».

La Corée du Nord a fait ce premier pas afin de repasser à une phase de négociation, notamment afin de lever les sanctions. La situation a beaucoup changé maintenant que Pyongyang met dans la balance le fait d’être en capacité de frapper avec le feu nucléaire le sol états-unien. Par le passé, le régime nord-coréen proposait un moratoire sur les essais nucléaires et les tests de missiles en échange de l’annulation des exercices militaires entre Séoul et Washington. Un compromis soutenu par la Chine, principal allié de Pyongyang, et toujours rejeté par Washington et Séoul. Visiblement, la Corée du Nord est en mesure de faire du chantage à l’escalade grâce à ses nouveaux missiles, reste à savoir quelle sera la réponse de Trump qui est bien silencieux sur les réseaux sociaux sur ce sujet depuis qu’il a annoncé que les armes étaient chargées et pointées en direction de la Corée du Nord.




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