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Politique

L’extrême-droite dans les pas du Ministre de l’Education Nationale

Après la plainte de Blanquer, le local de Solidaires de Saint-Denis attaqué

En portant plainte contre SUD-éducation 93, à l’occasion de son stage portant sur les questions de racisme dans l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer n’a pas seulement relayé les pires ignominies de l’extrême-droite et la fachosphère. Il a ouvert les vannes de la violence portée contre la fédération syndicale, ce qui s’est traduit, par une attaque en règle des locaux de la fédération Solidaires de Saint-Denis.

Mardi 11 novembre, « l’Union départementale Solidaires de Seine-Saint-Denis a constaté qu’une partie de ses locaux de Saint Denis avaient été visés par des dégradations (vitres brisées) », déclare le communiqué qui rappelle que ces locaux servent à accueillir les permanences syndicales. Pour l’UD Solidaires 93, cela ne fait pas de doute : cette attaque « intervient dans un contexte marqué par des attaques violentes contre le syndicat SUD éducation 93, […] menées notamment par l’extrême-droite et le gouvernement ».

En effet, la semaine dernière, Jean-Michel Blanquer, actuel ministre de l’Education Nationale, décidait de porter plainte contre Sud Education 93. Le motif ? L’organisation d’un stage de formation syndicale portant sur la question du racisme au sein de l’institution scolaire, avec la mise en place de deux ateliers en « non mixité » à destination des enseignant-e-s racisé-e-s. A la manière de la cabale médiatique menée contre l’organisation du camp d’été décolonial en septembre 2016, ou lors de l’organisation du festival afro féministe Nyansapo au printemps dernier, la mise en place d’un cadre d’organisation par et pour celles et ceux qui subissent l’oppression spécifique, méthode pourtant classique du mouvement féministe, devient l’argument clef pour retourner les accusations de racisme vers ceux qui, pourtant le dénoncent. Une accusation que Solidaires 93 décrit comme « ridicule et volontairement malveillante ».

Dans la veine de l’extrême-droite, et de ses relents républicains qu’est le « Printemps français », Jean-Michel Blanquer s’est donc saisi de l’occasion de ce stage pour porter atteinte à la fédération d’un syndicat représentant d’une certaine combattivité enseignante, Sud-Education, qui plus est, sur un territoire où les raisons de la colère dans les établissements ne manquent pas, en Seine-Saint-Denis. Un double emploi pour le ministre qui cherche à décrédibiliser une organisation syndicale combattive et museler les accusations d’un racisme d’Etat, un thème dont s’empare Sud Education 93.

L’attaque du local Solidaires 93 est à ce titre très significatif. Lorsque Jean-Michel Blanquer donne du crédit à la parole de l’extrême-droite, celle-ci ne peut que se sentir pousser des ailes.




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