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Politique

Macron (re)rejoue l'union nationale

Attentat de Trèbes. Le Pen et Wauquiez à l’offensive (sécuritaire et xénophobe)

Depuis l'attentat du 23 mars dernier, droite et extrême droite occupe l'espace médiatique en préconisant une politique du tout sécuritaire largement arrosé de xénophobie. Alors que Macron entend rejouer la carte de l'union nationale, Wauquiez et Le Pen sont à nouveau monté au front.

Emmanuel Macron se trompe tragiquement de diagnostic sur la barbarie islamiste, lorsque, pour l’expliquer, il met en avant le chômage ou les discriminations. Ces propos sont non seulement insupportables, mais ils sont surtout irresponsables. Parce qu’ils aboutissent à mettre en avant l’excuse sociale, au lieu de prendre les mesures sécuritaires qui s’imposent. Rien n’excuse que l’on tourne les armes contre la France […] La contagion islamiste doit être éradiquée

Déclaration de Laurent Wauquiez, ce 26 avril

Paradoxalement aux discours les plus réactionnaires, Emmanuel Macron s’est lui aussi jeté sur l’occasion d’apparaître sur un terrain plus propice à un redressement de sa situation et pour redorer le blason de la « fonction présidentielle ». En appelant à « l’unité nationale », et en rejouant le jeu une enième fois, le « président des riches » tente de gagner en autorité, élément qui lui est indispensable pour mener ses contre réformes.

Dans ce contexte, le nouveau patron des Républicains Laurent Wauquiez a vu sa ligne politique se rapprocher ostensiblement des idées défendues par « Rassemblement National », la version 2.0 du FN. Rétablissement de l’état d’urgence, dont les dispositions sont tout de même entrer dans le droits communs, expulsion des « terroristes non français », « emprisonnement des plus dangereux » et déchéance de nationalité ou bien encore l’expulsion des « non français » ou binationaux tenant des « discours anti-France ».

Marine Le Pen a tenu peu ou prou le même discours lors de son passage chez Bourdin sur RMC, à la simple différence près d’inclure bien plus explicitement la question des migrants fuyant les guerres au Moyen Orient ou la misère. Derrière la prétendue « sécurité des français », Le Pen arrose son discours d’une xénophobie difficilement dissimulable. Non moins dissimulable est son intention de s’attaquer au mouvement sociaux, puisque, selon elle, la « poursuite de tout les fichés S » doit être mise en pratique. Un comble puisque ces fiches ne concerne pas exclusivement les potentiels terroristes, mais également toute celles et ceux mettant en péril « l’économie française ». À ce titre, les grévistes, activistes et syndicalistes sont particulièrement visés.

Si les propositions de droite extrême et d’extrême droite, qui ne sont qu’une version assumant ouvertement le caractère autoritaire et xénophobe de la politique des deux derniers gouvernements, ont affiché leur incapacité à régler la question des attentats terroristes, elles ont au contraire été fort utiles pour réprimer toute contestation sociale. Le rétablissement d’un état d’urgence « exceptionnel » va dans ce sens. Du côté de LR, comme de RN, ce n’est pas tellement l’aspect bulldozer qui inquiète, mais la préoccupation de voir une « figure présidentielle » pas assez forte pour imposer les réformes préconisées par le rapport Spinetta face à une colère massive des travailleurs et de la jeunesse.

Il y a là aussi un coup politique à faire, afin de radicaliser une frange des classes dominantes sceptiques de la stratégie macroniste, et qui pourrait voir en droite extrême voire extrême droite une alternative. Et bien sur, de tels discours visent aussi à propager de nauséabondes idées sécuritaires et xénophobes au sein des classes moyennes et populaires, à l’heure ou des milices fascistes ont commencé à frapper le mouvement social, notamment dans la jeunesse, avec des raids organisés comme à l’Université de droit de Montpellier, dans le lycée auto-géré de Paris ou bien encore à Lille.

Crédits photos : © AFP




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