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Politique

Meeting

Bordeaux. Un candidat ouvrier pas prêt à se taire !

Ce jeudi 16 mars dans la Salle Son Tay, quartier Belcier à Bordeaux, s'est tenu le deuxième meeting de campagne de Philippe Poutou candidat pour le Nouveau Parti Anticapitaliste dans la ville du vin et des grands crus. Même si le nombre de parrainages récoltés n’était pas publié, c'est dans une ambiance décontractée et surtout soulagée, que les militants qui ont fait tant d'efforts sur les routes pour se procurer les parrainages nécessaires, se sont rencontrés pour soutenir et écouter attentivement, le seul candidat ouvrier aux élections présidentielles 2017. Correspondants

Après le premier succès du meeting de Philippe Poutou à Sciences Po Bordeaux au mois de février dernier, près de 180 personnes étaient présentes dans la salle Son Tay pour l’allocution du candidat, avec une tribune était formée de deux autres camarades militantes, Isabelle Ufferte et Monica Casanova qui ont par leurs interventions donné le ton du meeting, contre les violences policières et sur le besoin d’une candidature anticapitaliste et révolutionnaire.

Isabelle Ufferte, militante au NPA, a ouvert le meeting en faisant un compte rendu de la situation de notre parti par rapports aux parrainages : à l’heure du début du meeting 497 parrainages étaient arrivés au conseil constitutionnel, une nouvelle qui a soulagé toute la salle à l’heure où l’avenir du candidat était encore incertain. Le fait d’être si près du but a été accueilli avec joie, des sourires sont réapparus sur les visages de ses camarades. Son intervention s’est suivie d’un point sur la situation des travailleurs de Ford Blanquefort qui sont en pleine bataille contre la fermeture de leur usine, situation qui se répète car il y a dix ans un autre combat exemplaire s’est tenu contre les offensives de la direction, combat qui s’est soldé par un bilan positif parce que la fermeture du site a été empêché. Aujourd’hui c’est un nouveau combat qui se déroule toujours contre les mêmes objectifs de la part de la direction. Lundi prochain un appel à la grève et à la mobilisation a été déposé par l’intersyndicale, qu’Isabelle a appelé à soutenir.

Son intervention s’est clôturée par un rappel du besoin d’une candidature anticapitaliste, révolutionnaire et la nécessité de se regrouper dans une organisation qui puisse représenter les intérêts des travailleurs.

Monica Casanova enseignante et élue sur la commune de Lormont (banlieue bordelaise) et militante NPA, a pris la parole pour faire une longue dénonciation de la situation dans les quartiers populaires et notamment contre les violences policières dans les banlieues en faisant une brève description historique des agressions policières comme celle de Théo (violé et tabassé par des agents de police) et son copain qui avait lui aussi été violenté par la BST, en passant par Adama Traoré tué par la gendarmerie pendant son interpellation et les pressions que les forces de l’ordre exercent à l’encontre des personnes qui osent dénoncer les abus de la police. Elle est revenue aussi sur les propos du syndicaliste policier qui avait notamment dit que « bamboula ça reste à peu près convenable  » et la banalisation du racisme et des propos racistes dans une société de plus en plus répressive et autoritaire.

C’est un sujet qui touche de plein fouet la banlieue bordelaise, avec des quartiers comme Génicart ou Carriet qui sont touchés depuis des années par un chômage chronique mais aussi par un combat contre la soit disant « insécurité » mené par une mairie PS à grand renfort de matraques et caméras de surveillance. Une situation d’exclusion issue d’une mentalité issue de notre histoire coloniale, qui s’est forgée pendant l’occupation du nord de l’Afrique et les guerres de colonisation.

Enfin, la camarade est revenue sur les manifestations des policiers et la droitisation du spectre politique (avec l’état d’urgence) avec un gouvernement PS qui répond positivement à ces manifestations réactionnaires et autorise le « permis de tuer » par le droit des policiers à la « légitime défense ». Et la droite qui profite pour se positionner et justifier les exactions des forces de l’ordre à l’encontre de la population.

Pour finir, la parole a été donnée à Philippe Poutou, travailleur chez Ford, militant NPA et candidat anticapitaliste aux élections présidentielles. Fidèle à sa personnalité, c’est avec une attitude décontractée et sympathique qu’il a commencé son discours, en rappelant le côté antidémocratique des parrainages, en les accusant d’être un « filtre électoral » car un ouvrier peine à avoir ses parrainages, alors que le principal candidat des républicains peut facilement atteindre la candidature malgré sa mise en examen. L’affaire Fillon est symptomatique de la décadence du monde politique et la classe sociale qu’il représente, disait avec raison le candidat. Il a poursuivi ensuite avec une liste de chiffres sur les bénéfices du CAC 40 et surtout les pertes causées à l’Etat par la fraude fiscale de ces classes qui gagnent des richesses indécentes et qui en même temps demandent aux travailleurs de se serrer la ceinture.

La situation des travailleurs a été un axe principal dans l’allocution de Philippe. La crise du capitalisme ne mène qu’à la pauvreté, la précarité, au démantèlement des services publics et surtout une condition du monde du travail qui se dégrade de plus en plus, avec le burn-out et les suicides au travail conséquences de ce monde capitaliste en décadence.

Le candidat a réaffirmé la nécessité d’une riposte de l’ensemble des classes populaires contre la crise économique et climatique qui plane à l’heure actuelle sur la planète. Pour cela il a insisté sur la nationalisation des banques et des secteurs clés de l’énergie et l’industrie, pour avoir une politique rationnelle de l’organisation sociale, l’interdiction des licenciements, la baisse du temps de travail et un SMIC à 1700€. Il a insisté sur le fait qu’il ne faut pas avoir d’espoir dans les prochaines élections présidentielles, en mettant en garde sur le piège du vote utile et les illusions protectionnistes et nationalistes qui sont à la mode dans le panorama politique et qui visent à diviser notre camp social.

Pour la réalisation de ce projet Philippe a insisté sur le besoin d’une riposte sociale, comme celle qui a eut lieu pendant la mobilisation contre la loi Travail, et pour dépasser l’intoxication médiatique à l’encontre des mouvements sociaux comme les ZADs, les grèves ou les actions de ceux qui cherchent à dépasser les bureaucraties syndicales. Le besoin d’une organisation, d’un outil politique pour organiser l’ensemble des opprimés contre les offensives réactionnaires et des classes dominantes.

Un débat s’est en suivi en ayant comme axes principaux, le Front National et l’influence sur certaines couches des classes populaires, les défenses des ZAD, des logements inoccupés, les défenses des acquis des travailleurs et la centralité à l’heure actuelle des idées anticapitalistes.
Une bonne échéance qui permet de donner un pas de plus vers l’avant dans la candidature tellement souhaitée et recherchée malgré toutes le entraves de la caste politicienne au service des patrons !




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