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Monde

L’extrême droite au pouvoir

Brésil. Condamné à perpétuité, Cesare Battisti bientôt extradé vers l’Italie par Bolsonaro

Bolsonaro fraîchement élu entend bien réaliser très rapidement un acte symbolique promis pendant la campagne : extrader Cesare Battisti vers l’Italie. Ce dernier a été condamné à perpétuité pour assassinat et complicité d’assassinat pendant les années de plomb en Italie. Il a toujours clamé son innocence tout en revendiquant son militantisme dans un groupe communiste ayant choisi la lutte armée. En attendant, Salvini entend bien jouer là-dessus pour faire augmenter sa popularité.

Élu avec 55% des voix et devant faire face à des manifestations contre son élection, Jair Bolsonaro compte bien frapper rapidement un grand coup pour asseoir son autorité. Il a décidé de réaliser une promesse de campagne : expulser Cesare Battisti, activiste communiste italien lors des années de plomb.
En 2016, Bolsonaro avait déclaré que « l’erreur de la dictature a été de torturer sans tuer », il vante même la traque à mort des « communistes » lors de la dictature expliquant que la junte militaire aurait dû en tuer plus.
Prenant la décision de Lula de donner l’asile politique et refusé par décret l’extradition de l’ancien militant italien comme symbole de ce qu’est, à ses yeux, la dégénérescence du pouvoir du PT, il compte grâce à l’expulsion de Battisti montrer sa poigne et sa volonté de changer la situation politique au Brésil. Elle montre également sa volonté de s’attaquer aux militants progressistes dans le pays.

De fait, lundi la cour suprême à reçu une demande de la procureure générale du Brésil, Raquel Dodge (qui a joué un rôle dans l’opération Lava Jato) afin « de traiter en priorité le jugement » de l’extradition de Battisti qui avait pourtant été reporté sine die par la plus haute juridiction du Brésil.
Battisti a déclaré lors de la présidentielle que Bolsonaro « n’a rien à faire là-dedans parce que ce n’est pas lui qui décide », « ce n’est pas l’exécutif qui décide de ça en ce moment, c’est le judiciaire », or depuis le coup d’état institutionnel on ne peut que constater que le pouvoir judiciaire est main dans la main avec les libéraux puis avec Bolsonaro, d’autant que l’extradition de Battisti servirait à tout le monde (excepté à lui et aux militants de gauche).

Quand les gouvernements réactionnaires se rendent des petits services

Salvini en Italie espère également que Battisti soit extradé rapidement vers son pays. Sur Twitter, le ministre de l’intérieur italien a salué la victoire de Bolsonaro : « Au Brésil aussi les citoyens ont chassé la gauche ! Bon travail au président Bolsonaro, l’amitié entre nos peuples et nos gouvernements sera encore plus forte ». « Et après des années de vains discours, je demanderai qu’ils nous renvoient en Italie le terroriste rouge Battisti », a-t-il rajouté.
En Italie, l’opinion publique est favorable à l’extradition du militant communiste. Profondément marqués par les années de plomb, les italiens avaient été impactés par les témoignages, lors du procès par contumace, notamment du fils d’une des victimes d’un commando du groupe des Prolétaires Armés pour le Communisme dont faisait partie Battisti. Celui-ci avait été blessé et est resté paraplégique.
L’extradition de Battisti et son incarcération à perpétuité permettrait à Salvini d’être celui qui a mis fin à une cavale de 14 ans (en 2004, l’extradition de Battisti, réfugié en France est validée par la justice française), celui qui a mis fin à l’impunité des « terroristes » d’extrême gauche et ainsi de se renforcer lui et son parti dans l’opinion publique.




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